La production du missile de croisière naval (MdCN), également connu sous le nom de SCALP Naval, va être relancée pour la Marine nationale française, rapporte Le Marin. Cette décision marque une étape significative dans le renforcement des capacités de frappe à longue portée de la France après l’interruption de production depuis 2021.
Développé par MBDA dès 2006 et mis en service en 2017, le MdCN est un élément clé de la projection de puissance de la Marine nationale. Pour des raisons budgétaires, la France avait décidé de réduire sa commande initiale dans les années 2000 (250 missiles au moins) à 200. Ils ont jusqu’ici été partagés entre ceux destinés aux sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) de classe Suffren et ceux destinés aux frégates.
Bien que son emploi opérationnel fût limité à seulement trois tirs en 2018, la relance de sa production est désormais jugée indispensable face aux guerres dures et longues anticipées, nécessitant des stocks importants de munitions complexes. Cette décision stratégique répond à la prise de conscience des fortes consommations qu’impliquerait un conflit de haute intensité.
Une portée stratégique de 1 000 km
Le MdCN représente la principale capacité de frappe en profondeur contre des cibles terrestres pour les frégates multi-missions de classe FREMM, grâce à sa portée pouvant atteindre 1 000 km. Il se distingue par sa flexibilité de lancement, pouvant être tiré depuis les systèmes de lancement vertical des navires ou les tubes lance-torpilles des sous-marins via des conteneurs spécifiques.
Cette relance de la production du MdCN ne constitue pas un acte isolé, mais s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement des capacités de frappe à longue portée. Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées, avait annoncé en 2025 la remise en activité de la chaîne Scalp-EG, la version originelle du missile de croisière destinée aux Rafale dont ceux de la Marine nationale.