L’exécutif leur avait assuré qu’ils pourraient travailler en toute sérénité. Ce vendredi 1er mai, un premier boulanger a été verbalisé par l’inspection du travail pour avoir fait travailler ses salariés le jour de la fête de la lutte internationale des travailleurs et des travailleuses, rapporte RMC.
Patron de la boulangerie Le Pétrin Dauphinois, dans l’Isère, Éric Amieux a vu arriver les inspecteurs du travail aux alentours de 8h30 ce vendredi. « L’inspectrice m’a dit que je n’avais pas le droit d’être ouvert avec des salariés. Je lui ai répondu qu’on avait l’accord du Premier ministre. Elle m’a dit que ce n’était pas dans la loi », raconte le professionnel.
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Le gérant assure avoir fait signer des attestations de volontariat à ses salariés, qui seront payés double. Selon Éric Amieux, les inspecteurs sont repartis après lui avoir indiqué qu’ils rédigeraient un procès-verbal.
Jeudi, dans une note d’information aux directions départementales de l’emploi, le directeur général du travail - qui dépend du ministère du Travail - a rappelé « le contexte » particulier de ce 1er Mai et appelé à la « vigilance ».
Flou juridique
En effet, en principe, « le 1er Mai est un jour férié et chômé ». Selon l’article L3133-4 du Code du Travail, les établissements qui ne respectent pas cette règle s’exposent à une amende de 750 euros par employé travaillant.
Il existe cependant des exceptions pour « les établissement qui doivent avoir une continuité du type hôpitaux, transports ». Cela prend également en compte les hôtels et restaurants. Les fleuristes et boulangers, eux, ne font pas partie de cette catégorie.
De ce fait, le gouvernement a présenté mercredi le projet de loi qui prévoit qu’en 2027, artisans boulangers et fleuristes pourront faire travailler leurs salariés le 1er Mai. Mais le texte n’est pas encore entré en vigueur et les boulangers et fleuristes sont donc toujours dans le flou.
Si la procédure visant la boulangerie Le Pétrin Dauphinois aboutit, Éric Amieux risque plus de 5 000 euros d’amende pour ses sept employés - quatre vendeuses, un boulanger, deux pâtissiers - en poste ce vendredi.
« Ça ne me fait vraiment pas peur, parce que je sais qu’on a le soutien de la profession, et que le Premier ministre Sébastien Lecornu a été clair (en indiquant) que s’il y avait des amendes, on ne le payerait pas », confie Éric Amieux.
Après cette inspection, le boulanger a d’ailleurs reçu un appel du chef du gouvernement lui-même, a indiqué Matignon au Parisien, confirmant une information d’Europe 1.
« Délinquance patronale »
La « cacophonie gouvernementale a laissé libre à la délinquance patronale », a regretté vendredi la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. « Ce n’est pas le vol du 1er Mai qu’il faut mettre à l’ordre du jour du Parlement. C’est un grand plan pour l’augmentation des salaires », a-t-elle expliqué.