Dominant Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) depuis le XIIIe siècle, la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption entame une nouvelle étape de son histoire. Derrière les échafaudages qui ceinturent désormais une partie de l’édifice, l’État lance un ambitieux programme de restauration, étalé sur une dizaine d’années et estimé à plus de 20 millions d’euros. Objectif : préserver durablement ce joyau gothique, fragilisé par le temps et les infiltrations d’eau.
Première étape de ce chantier hors norme, la phase 1 – en cours – vise à mettre hors d’eau le massif occidental. Entièrement financée par l’État dans le cadre du plan de relance, elle mobilise 8,2 millions d’euros et doit s’achever au début du second semestre 2027, après 18 mois de travaux. Suivront la réfection des couvertures de la nef et du transept, puis celle des bas-côtés.
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Sur place, les avancées sont déjà visibles : 200 tonnes d’échafaudages installées, base vie de 400 m² déployée place de la Bourse, instrumentation du bâtiment pour surveiller les fissures, ou encore pose de caméras thermiques pour renforcer la sécurité incendie. « La cathédrale n’est pas en péril », insiste la préfète Anne Frackowiak-Jacobs. « C’est une vieille dame qui a besoin de soins constants. Certains discours ont exagéré la situation : tout n’est pas dégradé, mais il est normal qu’un édifice de cet âge nécessite des travaux. »
« Nous avons entendu les alertes »
Des propos qui répondent aux inquiétudes exprimées ces dernières semaines par l’association des Amis de la cathédrale, alarmée par des infiltrations d’eau et la dégradation de certaines peintures. Filets de protection, seaux disposés sous les voûtes, chapelles touchées par l’humidité : les images avaient marqué. « Nous avons entendu ces alertes », assure le directeur régional des affaires culturelles (DRAC). « Ce chantier est précisément là pour traiter ces pathologies en profondeur, avec une programmation cohérente et des moyens à la hauteur. »
Car au-delà de l’étanchéité, le projet intègre aussi les nouvelles normes de sécurité incendie, renforcées après l’incendie de Notre-Dame de Paris en 2019 : colonnes sèches pour les pompiers, planchers techniques d’accès, dispositifs de surveillance.
Malgré l’ampleur du chantier, la cathédrale restera ouverte. Chaque année, près de 400 000 visiteurs franchissent ses portes. « Nous avons conçu les travaux pour maintenir le culte et l’accueil du public », souligne la DRAC. Des dispositifs de médiation accompagnent même le chantier, avec une exposition sur les palissades et des informations régulières transmises aux guides.