Guillaume Erner, dans le café Le Progrès, Paris 3ᵉ, le 26 mars 2026. ARTHUR GAU POUR « LE MONDE »
Aucune hésitation au moment de commander, la conversation se tiendra autour d’une eau pétillante – va donc, pour deux. Parce que Guillaume Erner doit se lever avant l’aurore pour présenter la matinale de France Culture ? Le fait est, mais ce n’est pas le sujet.
De toute sa vie, le journaliste n’a, assure-t-il, « quasiment jamais » bu d’alcool. Si cela a pu lui « poser des problèmes de sociabilisation », ce peu de goût s’est probablement avéré un atout – avec la pratique du sport et la surveillance « assez drastique » de son alimentation – pour trouver son rythme de matinalier, poste auquel il officie depuis la rentrée 2015. Il est cependant catégorique : « En réalité, le rythme, tu ne le trouves jamais : 3 h 30, ce n’est pas une heure pour se lever, quelle que soit celle à laquelle tu te couches. » Lui vise à peu près 21 heures ; voilà bien longtemps qu’il est au lit avant ses trois enfants, deux garçons et une fille, âgés de 19, 16 et 12 ans.
Mais, pour le moment, il est 18 heures, et Guillaume Erner commence par se plier de bonne grâce, pendant une vingtaine de minutes, à l’exercice de la séance photo, déplaçant son verre où on le lui demande, glissant d’une banquette rouge à l’autre de ce café, Le Progrès, rue de Bretagne (Paris 3e), qui en a vu d’autres pendant les fashion weeks. La faune de hipsters habitués du lieu ne lève pas un sourcil, tandis que le journaliste prend la pose en très large pantalon noir et chemise blanche considérablement ouverte. Ses manches retroussées laissent deviner des tatouages « assez récents », qui lui ont mis « de la poésie dans la peau » : à droite, des vers de Paul Valéry (1871-1945) ; à gauche, de Louis Aragon (1897-1982).
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