Des manifestants lors du défilé traditionnel du 1ᵉʳ-Mai 2026, à Paris. RAFAEL YAGHOBZADEH POUR « LE MONDE »

Depuis quelques années, Pascal ne participait plus aux mobilisations du 1er-Mai. Mais vendredi, il a décidé de se joindre à la foule qui défile, sous un soleil ardent, entre les places de la République et de la Nation, à Paris. « Je me suis dit qu’il fallait rappeler au gouvernement l’importance de ce jour pour les travailleurs », confie cet employé de banque âgé de 58 ans.

Une référence évidente au projet de loi très controversé qui a été présenté, deux jours plus tôt, en conseil des ministres : le texte entend permettre aux « boulangers-pâtissiers artisanaux » et aux « artisans fleuristes » de recourir à leurs employés le 1er-Mai. Une dérogation supplémentaire au caractère chômé et payé de cette journée fériée. « Les politiques et le patronat ne trouvent rien d’autre que ça, franchement ? ! C’est honteux », soupire Pascal. Même si la réforme défendue par l’exécutif prévoit que les salariés doivent être volontaires et payés double, « ce n’est pas vraiment le sujet, quand on voit tous les problèmes du pays ».

Son témoignage recoupe les positions affichées par les syndicats juste avant le départ de la manifestation parisienne – qui compte 24 000 personnes, selon les services du ministère de l’intérieur (100 000 d’après la CGT). Un leitmotiv revient parmi les responsables des principales organisations de travailleurs, bras dessus bras dessous dans le carré de tête : l’exécutif doit soutenir le niveau de vie de la population au lieu d’assouplir le code du travail.

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