A Paris, le 15 avril 2026. PAULINE BALLET POUR « LE MONDE »

« Ça n’a pas duré longtemps, mais j’ai eu très peur », avoue Claire Grimout, qui vit à Castelnau-le-Lez, dans la proche banlieue de Montpellier. La quadragénaire, enseignante, juchée sur son vélo électrique, quittait une rue résidentielle débouchant sur un rond-point, lorsqu’elle aperçoit une voiture, contrainte de ralentir en raison d’une surélévation. « L’automobiliste s’est énervé en levant les mains. A travers la fenêtre du véhicule, ouverte, je lui ai fait remarquer qu’il s’agissait d’une priorité à droite. Nous nous éloignions dans des directions opposées quand j’ai vu, dans mon rétroviseur, son majeur levé. J’ai lancé un “Connard !”. Je n’aurais pas dû l’insulter. Ça n’apporte rien. »

C’est alors que l’incident prend une tournure terrifiante, retrace Claire Grimout. L’homme, la trentaine et au volant d’une voiture sportive, « a immédiatement braqué, fait demi-tour, puis roulé très vite dans [s]a direction ». « J’ai fui le plus rapidement possible et me suis réfugiée, quand j’ai pu, dans une rue piétonne. J’avais des palpitations. Je savais qu’il pouvait me tuer avec sa voiture s’il le voulait. Pendant plusieurs jours, je craignais de le recroiser. Je suis intimement convaincue que la situation aurait été différente si j’avais été un homme. » Deux ans après, Claire Grimout entretient encore une petite culpabilité.

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