Après une mobilisation dans la France entière à l'occasion du 1er-Mai, plusieurs corps de métiers se sont donné rendez-vous, ce samedi 2 mai, pour un rassemblement statique sur la place Vauban à Paris.

Pêcheurs, agriculteurs, boulangers... Ces corps de métier seront rassemblés, ce samedi 2 mai, lors d'une manifestation "pacifique" à Paris, place Vauban (7e arrondissement), "pour se faire entendre du gouvernement" sur les difficultés traversées par ces professionnels depuis le début du conflit en Iran et au Moyen-Orient.

Les pêcheurs se sont donné rendez-vous sur place aux alentours de 9h30. Le début du rassemblement est prévu aux alentours de 11 heures. Les corporations devraient ne pas bouger de la place Vauban, jusqu'à 14 heures. Les organisations, contactées par BFMTV, précisent qu'il ne s'agira pas d'un défilé mais d'un rassemblement statique.

Selon Jean-Vincent Chantreau, secrétaire général de l'Union française des pêcheurs artisans, la profession a essayé de "prendre contact avec le ministère de la mer pour trouver des solutions", mais n'a "pas eu de réponse". "Nous avons donc décidé de venir sur Paris et de nous allier avec les agriculteurs et les artisans car nous avons le même problème", a-t-il ajouté.

"On souhaite une taxe sur les superprofits"

À l'initiative de cette mobilisation, David Le Quintrec, président de l'Union française des pêcheurs artisans. Il estime que ses confrères n'arrivent pas à s'en sortir face aux incertitudes économiques et la hausse des prix de l'essence.

Une augmentation fulgurante qui est la conséquence de la prolongation du blocus maritime des États-Unis et de l'Iran dans le détroit d'Ormuz, deux mois après le début du conflit au Moyen-Orient.

Entre le 25 février et le 30 avril, le prix au litre du gazole est passé de 1,729 à 2,2 euros en moyenne sur le territoire, selon les données de datagouv. Pour le SP95, le montant affiché dans les stations-services a augmenté de 1,764 à 2,043 euros par litre. Pour les professionnels dont l'utilisation d'hydrocarbures est indispensable, l'activité est étranglée et assujettie aux fluctuations constantes des marchés financiers.

Plusieurs revendications ressortent de cet appel. "On voudrait mettre en avant une taxe sur les super-profits comme TotalEnergies et une micro taxe sur les denrées alimentaires importés en France", martèle David Le Quintrec.

Des aides de l'État jugées "insuffisantes"

Toutefois, les réponses apportées par l'État ne sont pas jugées à la hauteur. "Depuis avant-hier, le gouvernement a annoncé des aides complémentaires de vingt centimes pour le mois d'avril et de 35 centimes pour le mois de mai. Mais elles sont encore largement insuffisantes. Ce n'est pas pour faire du profit, c'est une question de survie", rappelle Jean-Vincent Chantreau.

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Les corporations attendent aussi "la présence des consommateurs car c'est avec eux que nous devons trouver des solutions". "On est tous des citoyens concernés par les problématiques de carburant", a-t-il ajouté.

Mercredi dernier, durant le Conseil des ministres, Emmanuel Macron avait appelé tous les membres du gouvernement à réfléchir à "de nouvelles réponses" et à "continuer à recevoir les professions concernées par la hausse du prix de l'énergie, et spécifiquement par la hausse du prix des carburants (...), pour apporter et construire avec eux d'éventuelles nouvelles réponses d'appui à la trésorerie d'une part, réponses ciblées d'autre part pour anticiper les semaines à venir".