Le rendez-vous des vieilles gloires. Et un bol d’oxygène pour une batterie de cannes irlandaises de plus en plus flétries ou pour une horde varoise encore toute déboussolée il y a peu. Ce Leinster – Toulon, ce samedi (16 heures) à l’Aviva Stadium de Dublin, a tout d’un duel des légendes. Des légendes quelque peu repassées ces derniers temps.
La province irlandaise, qui évolue à domicile et compose en grande majorité le XV du trèfle, a accroché quatre étoiles à son palmarès (2009, 2011, 2012, 2018), en a raté récemment trois autres de peu en échouant d’un rien en finale contre La Rochelle (2022, 2023) puis Toulouse (2024) avant de marquer le pas.
Les hommes de la Rade, eux, avaient signé un triplé historique (2013, 2014, 2015) sous l’ère du duo Laporte – Boudjellal, avant de disparaître des radars et de revenir s’installer dans le dernier carré, vainqueurs plutôt heureux des Stormers (28-27) au stade Mayol en huitièmes de finale et des Écossais de Glasgow chez eux en quart (19-22). Des Toulonnais à la peine en Top 14 (8es du classement) et inconstants depuis le début de la saison.
« Il y a trois mois, pas grand monde n’aurait misé sur nous »
S’ils semblent sortir la tête de l’eau au bon moment, les joueurs de Pierre Mignoni seront-ils en mesure de contrarier le jeu mécanique de la formation dirigée par Leo Cullen et de se hisser en finale contre Bordeaux-Bègles ou Bath qui s’affrontent ce dimanche ?
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« Il y a trois mois, pas grand monde n’aurait misé sur nous et, au final, on fait quelque chose que le club n’a plus fait depuis onze ans, souligne le demi de mêlée international Baptiste Serin, qui sera sur le banc des remplaçants pour suppléer Ben White. Tout est possible dans le sport. Même si c’est clair qu’on va au Leinster en étant outsiders. »
Baptiste Serin y voit aussi un esprit de revanche pour son équipe, pas contre le Leinster mais contre l’adversité en général. « Cette demi-finale représente beaucoup pour nous parce qu’on sait où on était il y a quelques semaines, affirme-t-il. On nous a beaucoup craché dessus, pas beaucoup de gens nous ont aidés, quelques fidèles seulement, qu’il faut remercier. Mais le groupe a su passer au-dessus des hauts et des bas qu’il a vécus. Et les très bas à Toulon, c’est très, très dur, ça pèse beaucoup. Ce n’est pas l’OM mais pas loin ! »
Statistique rassurante, les Toulonnais n’ont perdu qu’une seule fois devant le Leinster mais c’était sur tapis vert. En huitièmes de finale de la Champions Cup 2021, ils avaient dû déclarer forfait en raison d’un cas de Covid au sein de leur effectif. Sur le terrain, en revanche, les Varois se sont toujours imposés.