La France insoumise (LFI) ne décolère pas après Sébastien Lecornu. Le parti d’extrême gauche dénonce depuis vendredi la prise de position du Premier ministre qui a apporté son soutien à un boulanger de l’Isère chez qui l’inspection du travail aurait constaté des irrégularités. En l’état actuel de la législation, ce type de commerce peut ouvrir le 1er Mai, mais sans ses salariés.
Un projet de loi a été est en cours pour alléger ce dispositif. Mais il n’est pas encore en vigueur. LFI accuse donc le gouvernement de ne pas respecter la législation actuellement en vigueur.
« Pourquoi on fait la loi ? »
« Nous avons un Premier ministre délinquant ! » a ainsi déclaré ce samedi matin sur franceinfo Manon Aubry, eurodéputée LFI. « Je suis stupéfaite que le Premier ministre ait appelé un boulanger pour lui dire qu’il n’aurait pas d’amende. »
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Elle développe en mettant en avant le rôle du pouvoir exécutif. « Si vous avez jusqu’au plus haut sommet de l’État un encouragement à ne pas respecter la loi, pourquoi on fait la loi ? »
Elle assure que l’ouverture de la boulangerie n’est pas le fond du problème, mais qu’il s’agit de la manière dont elle était ouverte, la loi ne permettant toujours pas officiellement de faire travailler d’autres personnes que le propriétaire et ses proches. « Le boulanger pouvait ouvrir en travaillant lui-même », rappelle Manon Aubry.
LFI a ainsi demandé la saisine de la Cour de justice de la République, seule juridiction habilitée à traiter les affaires des ministres dans l’exercice de leur fonction. Le parti considère qu’il est possible de reprocher au chef du gouvernement une « tentative de faire échec à l’exécution de la loi ». La peine encourue par une personne dépositaire de l’autorité publique en la matière est de 5 ans de prison et de 75 000 euros d’amende.