Après que le président Donald Trump tempête et accuse plusieurs partenaires européens de refuser toute contribution militaire ou logistique aux opérations menées par Washington dans le détroit d’Ormuz, l’administration aurait lancé une nouvelle initiative pour inciter ses alliés à l’aider à débloquer ce point de passage essentiel au commerce international.
Selon la chaîne américaine NBC vendredi, une note interne du Département d’État - l’équivalent de notre ministère des Affaires étrangères - a été envoyée à tous les postes diplomatiques américains. Elle fait état d’une nouvelle coalition appelée « Maritime Freedom Construct » (MFC), soit « Construction pour la liberté maritime », déjà évoquée par le Wall Street Journal.
En collaboration avec le ministère américain à la Défense, « Maritime Freedom Construct » vise pour la diplomatie américaine à partager des informations avec d’autres nations pour assurer un transit sûr à travers le détroit, ainsi qu’à coordonner les actions diplomatiques et économiques contre l’Iran. Le Commandement central des États-Unis, le fameux « CentCom », assurerait la coordination du trafic maritime en temps réel et la communication directe avec les navires transitant par le détroit.
Complémentaire de l’initiative franco-britannique
Selon la note, les diplomates américains déployés dans le monde sont invités à présenter l’organisme de coordination multinational à leurs réseaux étrangers d’ici vendredi prochain et à assurer aux alliés et partenaires que « tous les niveaux d’engagement sont les bienvenus ».
La coalition MFC serait, assure le document de service, « complémentaire aux autres groupes de travail sur la sécurité maritime, notamment à l’effort de planification maritime mené par le Royaume-Uni et la France », selon la note de service. « Nous sommes impatients d’établir des canaux de communication avec le Royaume-Uni et la France afin d’apaiser les tensions et de coordonner étroitement nos efforts », indique même le câble. Le Royaume-Uni et la France ont mené des discussions sur une initiative pour débloquer et sécuriser Ormuz, et ont récemment tenu une réunion avec plusieurs dizaines de pays.
Depuis le déclenchement des frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février dernier, et plus encore depuis le blocus naval d’Ormuz par les États-Unis le 18 avril, Téhéran verrouille le stratégique détroit et Trump fustige l’OTAN pour son manque de soutien.
Après avoir demandé de l’aide à ses alliés européens, Donald Trump a ensuite estimé que le détroit d’Ormuz n’était pas son « problème », les États-Unis produisant de quoi subvenir à leurs besoins énergétiques, et que les autres pays devraient se débrouiller seuls pour accéder aux cargaisons bloquées.
Mais les prix à la pompe explosent aussi aux États-Unis et la cote de popularité de Trump chute, à six mois d’élections de mi-mandat cruciales pour lui. « Nous n’avons reçu aucune aide, zéro de l’OTAN », a encore attaqué le président américain vendredi soir lors d’un discours en Floride.
Les prochaines étapes de la mise en place du projet MFC restent floues, mais un responsable de la Maison Blanche a déclaré à NBC News que le voyage prévu par Trump en Chine à la mi-mai serait essentiel, en raison des relations que Pékin entretient avec l’Iran.