L’attaquante allemande de l’OL Lyonnes Jule Brand (à gauche) lors de la demi-finale aller de la Ligue des champions face à Arsenal, à l’Emirates Stadium, à Londres, le 26 avril 2026. GLYN KIRK / AFP

En 2025, les joueuses de l’OL Lyonnes rentraient de Londres optimistes, vainqueures d’Arsenal (1-2) en demi-finale aller de la Ligue des champions féminine de football. Mais elles s’étaient écroulées, une semaine plus tard à domicile, face aux futures championnes d’Europe (1-4). Un an plus tard, bis repetita. Ou presque. Les mêmes équipes se retrouvent au même stade de la compétition. Sauf que cette fois, les Rhodaniennes, battues lors de la première manche (2-1), accusent un retard d’un but au moment de recevoir les Gunners, samedi 2 mai, au Groupama Stadium.

Pas de quoi sombrer dans le pessimisme pour autant. Mais si les Fenottes peuvent se rassurer en se rappelant qu’elles sont invaincues cette saison sur leurs terres, elles ne pourront toutefois pas se contenter d’un match nul pour retrouver, deux ans après leur dernière participation, la finale d’un tournoi qu’elles ont gagné à huit reprises. La capitaine Wendie Renard et ses coéquipières peuvent aussi se remémorer leur quart de finale face à Wolfsburg. Le 24 mars, elles s’étaient inclinées 1-0 sur la pelouse des Allemandes, avant d’arracher leur qualification pour le dernier carré en prolongation le 2 avril (1-0, 4-0 a. p.).

Ce jour-là, les Lyonnes avaient multiplié les occasions, frappant à 39 reprises au but. Dimanche, à Londres, elles ont ouvert la marque dès la 18e minute, grâce à l’attaquante Jule Brand. Mais elles ont ensuite laissé les Anglaises prendre le contrôle du ballon. Et deux erreurs lyonnaises – impliquant la gardienne Christiane Endler et la défenseuse Ingrid Syrstad Engen – ont permis aux Londoniennes, moins impressionnantes que la saison dernière, de l’emporter. Avant la rencontre, l’entraîneur ; Jonatan Giraldez ; avait pourtant prévenu ses joueuses : « Pour gagner le match qui vient, il faudra améliorer des petits détails défensifs. »

« Un géant du football européen »

Malgré sa défaite à l’aller, « ce n’est pas du tout fini » pour l’OL, a prévenu l’attaquante Ada Hegerberg, Ballon d’or 2018. « Je n’ai pas de doute, a affirmé sa coéquipière américaine, Lindsey Heaps, vendredi, en conférence de presse de veille de match. Il va falloir montrer de la personnalité et montrer qu’on est là pour gagner, tout en partageant ça avec nos fans, en jouant toutes ensembles. C’est là que nous sommes des gagnantes. »

A Décines-Charpieu (Rhône), les Rhodaniennes ont quelques motifs d’espoir, notamment le retour annoncé de trois joueuses majeures, absentes lors du voyage à Londres. La latérale Selma Bacha pourrait apporter plus d’allant offensif dans son couloir gauche et sa qualité sur coup de pied arrêté. Melchie Dumornay (10 buts et 7 passes décisives) et Tabitha Chawinga (14 buts et 5 passes décisives) constituent quant à elles des menaces permanentes pour les défenses adverses.

Encore considéré comme « un géant du football européen », pour reprendre les termes de la capitaine des Gunners, Leah Williamson, l’OL Lyonnes, un temps pionnier dans le très haut niveau féminin, ne progresse plus aussi vite que le FC Barcelone ou les principales écuries anglaises. La domination du club sur la scène nationale (18 titres de champion de France en 19 saisons) et les difficultés financières du ballon rond français qui affectent de nombreuses sections féminines des premières divisions ne l’aident pas à combler son retard. Les Fenottes souffrent de l’absence de compétitivité.

Lire aussi l’entretien | Article réservé à nos abonnés Un nouveau nom, OL Lyonnes, et un nouveau logo : Michele Kang donne une « identité propre » à l’équipe féminine de Lyon Lire plus tard

Malgré l’investissement sans faille de la femme d’affaires américaine Michele Kang, qui a donné leur indépendance aux Lyonnes, celles-ci n’ont pas encore retrouvé les sommets continentaux. Pour y parvenir, le 23 mai à Oslo (Norvège), lieu de la finale de la Ligue des champions contre le vainqueur de la demi-finale entre le Barça et le Bayern Munich, les Rhodaniennes n’ont d’autre choix que de signer une grande performance face à Arsenal. « On sait qu’on est capable de renverser la situation à la maison », espérait Ada Hegerberg, après la déconvenue du match aller. A elle et à ses partenaires d’en faire la démonstration.