Lors d’un rassemblement à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, à Istanbul (Turquie), le 1ᵉʳ mai 2026. YASIN AKGUL/AFP

Les 576 personnes arrêtées lors des manifestations du 1ᵉʳ-Mai à Istanbul ont été remises en liberté, samedi 2 mai au matin, a annoncé l’association des avocats ÇHD, qui s’était déployée sur le terrain la veille, et actualisait les chiffres des interpellations au fil des heures.

Dans un message posté sur X, la branche locale de la ÇHD précise que les 46 derniers gardés à vue dans deux postes de police, dont le responsable syndical Basaran Aksu, ont été libérés samedi matin après une nuit de garde à vue et un contrôle médical.

Vendredi, M. Aksu avait été arrêté alors qu’il venait de dénoncer le verrouillage de la place Taksim, haut lieu de la contestation stambouliote. « On ne peut pas fermer une place aux travailleurs de Turquie, avait-il condamné. Tout le monde utilise Taksim, pour les cérémonies officielles, les célébrations. Seuls les ouvriers, les travailleurs, les pauvres se voient fermer la place. »

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Au total, la police de la mégapole a interpellé 576 personnes - 575, selon le bureau du gouverneur d’Istanbul - lors de la Journée internationale des travailleurs, principalement pour les empêcher de rejoindre cette place, fermée aux rassemblements depuis 2013 et une vague de manifestations antigouvernementales.

47 personnes interpellées en amont du 1ᵉʳ-Mai

Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes depuis des véhicules anti-émeute, au milieu de la foule, avaient constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP).

La police turque interpelle un manifestant lors d’un rassemblement organisé à Istanbul (Turquie), le 1ᵉʳ mai 2026. YASIN AKGUL/AFP

Malgré des déploiements en nombre de policiers à Ankara, la capitale, et à Istanbul, des milliers de manifestants ont rejoint les rassemblements du 1ᵉʳ-Mai en Turquie.

Les syndicats et les associations avaient appelé aux rassemblements sous le slogan « Pain, paix, liberté », alors que l’inflation officielle dépasse toujours les 30 % – et même 40 % à Istanbul, selon la chambre de commerce – et que les autorités procèdent régulièrement à des vagues d’arrestations dans les rangs de l’opposition parlementaire et de la presse.

Le 28 avril, 47 personnes avaient été interpellées préventivement, en amont du 1ᵉʳ-Mai, dont 14 ont été placées en détention et 9 assignés à résidence, a aussi affirmé l’association.

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