Une station-service à Saint-Etienne-de-Montluc (Loire-Atlantique), le 15 avril 2026. LOIC VENANCE/AFP

Le gouvernement a précisé, samedi 2 mai, les modalités de l’« indemnité carburant » de 50 euros destinée à trois millions de « travailleurs modestes », contraints d’utiliser leur véhicule pour travailler. Le décret du ministère de l’économie, publié au Journal officiel, vise à atténuer l’impact de la hausse durable des prix à la pompe, liée à la guerre au Moyen-Orient.

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Cette aide, annoncée le 21 avril par le premier ministre, Sébastien Lecornu, s’adresse aux actifs dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 16 880 euros par part, et qui effectuent « plus de 15 kilomètres par trajet et par jour entre leur domicile et leur lieu de travail ou plus de 8 000 kilomètres par an dans le cadre de leur activité professionnelle (cette condition incluant les trajets domicile-travail) », est-il précisé dans le décret.

Le dispositif devrait être disponible d’ici à la fin de mai sur le site impots.gouv.fr, avait affirmé le gouvernement. Sa date d’ouverture exacte n’est pas encore connue, et sera fixée dans un arrêté.

En même temps que cette aide, le chef du gouvernement avait annoncé un soutien accru aux pêcheurs et agriculteurs, ainsi que la prolongation des aides sur les carburants, les élargissant à des secteurs comme le bâtiment, et les taxis et VTC.

Le coût de ces aides atteint 180 millions d’euros pour le mois de mai, avait détaillé le ministre des comptes publics, David Amiel.

Autre décret publié sur l’aide aux agriculteurs

Un décret séparé, également publié samedi, acte l’aide destinée aux utilisateurs de carburants agricoles – le gazole non routier, GNR – annoncée pour le mois d’avril, soit 3,86 centimes par litre, qui correspondent au droit d’accise. Cette exonération de taxe sur le GNR agricole représente 14 millions d’euros. Le budget 2026 prévoyait déjà 1,3 milliard d’euros d’allègement de taxe sur le GNR pour les agriculteurs.

A Paris, quelques dizaines d’agriculteurs, pêcheurs et boulangers se sont réunis, samedi, devant le dôme des Invalides, à l’appel du collectif Réveil des Terroirs, qui regroupe une dizaine d’associations – l’Union française des pêcheurs artisans, Agriculteurs en colère ou le Collectif des artisans et commerçants de France –, mais aussi des collectifs de transports et chauffeurs de VTC.

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Les agriculteurs demandent un GNR « à un euro » le litre pour « éviter la faillite de nos entreprises », a déclaré à l’Agence France-Presse Christian Convers, ancien secrétaire général de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole. Il était entouré de quelques « bonnets jaunes » de ce syndicat, mais aucune grande organisation professionnelle, agricole ou d’autres secteurs, n’avait appelé au rassemblement.

Le décret précise que l’aide peut être prolongée d’un mois, mais le gouvernement a annoncé à la fin d’avril de nouvelles mesures pour passer l’aide de 3,86 à 15 centimes par litre pour les agriculteurs et de 30 à 35 centimes pour les pêcheurs contre 20 centimes précédemment. En avril, le montant maximal versé est fixé à 50 000 euros et les agriculteurs peuvent la demander pendant deux mois grâce à un formulaire spécifique (site portail.chorus-pro.gouv.fr) en envoyant leurs factures et une déclaration sur l’honneur.

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