Le président américain Donald Trump, à West Palm Beach, (Floride, Etats-Unis), le 1ᵉʳ mai 2026. NATHAN HOWARD/REUTERS

Donald Trump a annoncé, vendredi 2 mai, qu’il se passait du feu vert du Congrès pour la guerre en Iran, alors qu’expirait la limite de 60 jours fixée par la loi pour obtenir une autorisation parlementaire au déclenchement des hostilités.

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Deux mois tout juste après le début de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran, le président américain a estimé dans une lettre au Congrès que les hostilités étaient « terminées », le dispensant de solliciter l’aval du pouvoir législatif. « Le 7 avril 2026, j’ai ordonné un cessez-le-feu de deux semaines. Le cessez-le-feu a depuis été prolongé. Il n’y a pas eu d’échange de tirs entre les forces des Etats-Unis et l’Iran depuis le 7 avril 2026. Les hostilités qui ont commencé le 28 février 2026 sont terminées », a-t-il écrit.

Selon la Constitution, seul le Congrès a le pouvoir de « déclarer » la guerre. Une loi adoptée en 1973 permet cependant au président de déclencher une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d’urgence créée par une attaque contre les Etats-Unis. Le même texte exige que le président, s’il engage des troupes plus de soixante jours, obtienne une autorisation du pouvoir législatif, différente d’une déclaration de guerre.

Le conflit avec l’Iran a débuté le 28 février, mais la notification officielle de la Maison Blanche au Congrès concernant le début des hostilités n’est intervenue que deux jours après. Le 1er mai représentait donc la date limite de soixante jours pour obtenir l’autorisation des parlementaires.

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Pas de réels recours pour les démocrates

Depuis le déclenchement du conflit, les démocrates ont tenté à plusieurs reprises de faire adopter un texte prévoyant de limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump contre l’Iran, en vain. L’opposition a contesté la position du président concernant la fin supposée des hostilités.

« La déclaration du président Trump selon laquelle la guerre en Iran est terminée ne reflète pas la réalité des dizaines de milliers de soldats américains en danger dans la région, des menaces perpétuelles de l’administration d’accroître les hostilités, de la fermeture du détroit d’Ormuz et de la flambée des prix » aux Etats-Unis, a dénoncé Jeanne Shaheen, membre de la commission des affaires étrangères du Sénat. « Le président Trump a déclenché cette guerre sans stratégie et sans autorisation légale et l’annonce d’aujourd’hui n’y change rien », a-t-elle estimé dans un communiqué.

Certains élus républicains ont prévenu que, passé le délai de soixante jours, ils pourraient commencer à exiger de l’exécutif qu’il obtienne une autorisation du Congrès. Mais sans l’appui de suffisamment de conservateurs, les démocrates ne disposent pas de réels recours pour que le gouvernement respecte la date limite.

Reprise des affrontements « probable », selon les Iraniens

Samedi, le général Mohammed Jafar Asadi, haut gradé des gardiens de la révolution iraniens, cité par l’agence de presse Fars, a, de son côté, estimé qu’« une reprise des affrontements entre l’Iran et les Etats-Unis [était] probable ». « Les faits montrent que les Etats-Unis ne respectent aucun accord », a insisté l’inspecteur adjoint de Khatam Al-Anbiya, le commandement des forces armées iraniennes.

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« Les actions et déclarations des responsables américains relèvent surtout de la communication médiatique, visant d’abord à empêcher une baisse des prix du pétrole, puis à se sortir de la situation difficile qu’ils ont eux-mêmes créée », a soutenu le responsable militaire, ajoutant que les forces armées iraniennes étaient « pleinement prêtes à faire face à toute nouvelle tentative d’aventurisme ou à toute action imprudente de la part des Américains ».

Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril, après quasiment quarante jours de frappes israélo-américaines sur l’Iran et de représailles de Téhéran dans la région. La situation est depuis dans l’impasse : une première session de pourparlers directs à Islamabad le 11 avril s’est révélée infructueuse, et jusqu’ici sans lendemain tant les divergences restent fortes entre les deux camps, du détroit d’Ormuz au volet nucléaire.

L’Iran a transmis cette semaine un nouveau texte via le Pakistan, médiateur des discussions, sans qu’aucun détail ne filtre sur le contenu. Donald Trump a, cependant, dit, vendredi, n’être « pas satisfait » de cette dernière mouture, répétant qu’à son sens les dirigeants iraniens étaient « désunis » et incapables de s’entendre sur une stratégie de sortie du conflit. Le président américain, qui avait déjà menacé d’anéantir la « civilisation » iranienne, a ajouté qu’il préférerait ne pas avoir à « pulvériser une fois pour toutes » l’Iran mais qu’une reprise de la guerre restait « une option ». Il a été briefé, jeudi, par l’armée sur de possibles nouvelles actions militaire.

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