Des arrestations contestées. Deux militants de la « Flottille pour Gaza », détenus depuis leur arrestation au large de la Grèce jeudi, sont arrivés en Israël où ils vont être « interrogés », a annoncé samedi le ministère israélien des Affaires étrangères.

Selon cette source, l’Espagnol Saif Abu Keshek est « l’un des dirigeants » de la Conférence palestinienne pour les Palestiniens à l’étranger (PCPA), association caritative accusée par les Etats-Unis et Israël d’être affiliée au mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza.

Le Brésilien Thiago Ávila, l’un des principaux organisateurs de la flottille, « travaille avec PCPA et est soupçonné d’activités illégales », affirme le ministère sur X, indiquant que les deux hommes vont être « transférés pour être interrogés ».

Quelques 175 militants avaient été arrêtés sur une vingtaine de bateaux de cette nouvelle flottille visant selon ses organisateurs à briser le blocus israélien de la bande de Gaza, où l’accès à l’aide humanitaire reste fortement restreint.

L’Espagne appelle à la libération de son ressortissant

L’arrestation, « menée pacifiquement » selon Israël, avait eu lieu à des centaines de kilomètres de Gaza, dans les eaux internationales au large de la Crète, bien plus loin des côtes israéliennes que lors des précédentes interceptions de flottilles.

Israël a relâché tous les militants en Grèce après un accord avec ses autorités, sauf Thiago Ávila et Saif Abu Keshek.

L’Espagne avait d’abord réclamé la « libération immédiate » de ce dernier, et assuré que sa diplomatie était « en contact permanent avec ses homologues israélien et grec », puis avait promis d’apporter « toute sa protection » à son ressortissant « dès qu’il pourra arriver sur le territoire israélien ».

Les deux militants « auront droit à une visite des représentants consulaires de leurs pays respectifs », a précisé samedi le ministère israélien des Affaires étrangères sur X.

Plus de 200 personnes « enlevées »

Le gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sánchez, l’une des voix européennes parmi les plus critiques envers le gouvernement de Benjamin Netanyahu depuis qu’Israël a lancé son offensive contre Gaza en réponse à l’attaque sans précédent du Hamas palestinien du 7 octobre 2023, avait exprimé sa « plus énergique condamnation » après la capture de la flottille.

Au cours d’une conférence de presse en ligne jeudi, les organisateurs avaient affirmé que plusieurs bateaux de la flottille (composée initialement de plus de 50 embarcations) avaient été interceptés dans les eaux internationales, à une distance « sans précédent » d’Israël et que « 211 personnes avaient été enlevées ».

Plusieurs pays comptant des ressortissants sur la flottille avait réagi. Rome avait demandé la « libération immédiate » des Italiens et dénoncé leur arrestation comme « illégale », tandis que l’Espagne, la Turquie ou le Pakistan évoquaient « des violations flagrantes du droit international » par Israël.

A leur arrivée en Grèce, une trentaine de participants ont été hospitalisés pour « des premiers soins », selon les autorités grecques, qui n’ont pas donné de détails.

« Ils nous ont battus »

La flottille a publié sur X des vidéos montrant plusieurs militants blessés, avec des traces de coups à l’oeil et au nez. « Nous avons essayé de les empêcher de garder Thiago et Saif et c’est à ce moment là qu’ils nous ont battus », explique l’un d’eux.

Le Hamas a dénoncé ces violences présumées, et encouragé les militants internationaux à « poursuivre leurs efforts pour briser le siège et exposer les crimes de l’occupation (israélienne) contre notre peuple ».