Accusé par Washington d’avoir collaboré avec les fils d’El Chapo pour distribuer des « quantités massives » de stupéfiants aux États-Unis, le gouverneur de Sinaloa Ruben Rocha Moya a annoncé sa mise en retrait le temps de l’enquête.
Le ministère américain de la Justice accuse Ruben Rocha Moya, gouverneur de l’État de Sinaloa, de collaborer avec le célèbre cartel de Sinaloa pour distribuer des « quantités massives » de stupéfiants aux États-Unis. Une accusation qui a conduit le bureau du procureur général mexicain à ouvrir une enquête.
Les États-Unis accusent également neuf autres responsables mexicains de trafic de drogue et demandent leur extradition. Parmi eux, un sénateur du parti Morena, Enrique Inzunza, et le maire de Culiacán, Juan de Dios Gámez.
« Jamais, dans toute l’histoire, un bureau du procureur fédéral des États-Unis ou le Département de la Justice des États-Unis n’a demandé un mandat d’extradition visant un gouverneur en exercice, un maire en exercice ou un sénateur en exercice », a réagi Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique, qui se retrouve dans une position délicate, le gouverneur étant membre de son propre parti.
Ruben Rocha Moya est le gouverneur de Sinaloa, État mexicain bastion historique du narcotrafic, qui abrite la ville natale du baron de la drogue El Chapo, aujourd’hui emprisonné à perpétuité aux États-Unis. Son mandat est notamment marqué par de violents affrontements entre les factions du cartel de Sinaloa.
Ruben Rocha Moya et les neuf autres responsables sont accusés par le parquet fédéral de New York d’avoir collaboré avec « Los Chapitos » pour distribuer des « quantités massives » de stupéfiants aux États-Unis.
Cette faction du cartel, dirigée par les fils d’El Chapo, aurait aidé Rocha Moya à se faire élire gouverneur en 2021, en enlevant et intimidant ses rivaux politiques, et même en volant des urnes le jour du scrutin. En échange, il aurait promis de les protéger et de les laisser opérer en toute impunité.
Suite à ces accusations, le bureau du procureur général mexicain a ouvert une enquête mais a estimé, dans un premier temps, ne pas disposer de preuves suffisantes pour une détention provisoire. Ruben Rocha Moya, qui rejette catégoriquement les accusations, s’est mis en retrait de son mandat le temps des investigations.