LE SEXE SELON MAÏA

MAÏA MAZAURETTE

Si j’en crois Internet, l’homme dominant se reconnaît à quelques traits incontournables : une mâchoire carrée, des sourcils froncés, des muscles saillants, des bitcoins, un frigo rempli de viande crue. C’est à ces éléments que l’on reconnaît un « alpha », capable de subjuguer toutes les femelles à plusieurs kilomètres à la ronde. Dixit une source complètement fiable, les influenceurs.

Bon. Il y a une première mauvaise nouvelle dans cette histoire : l’existence du mâle alpha est contestée par les scientifiques eux-mêmes. A la base, cette formulation provient de la classification des loups. Si vous imaginez d’impressionnantes meutes traversant les steppes, je vous arrête tout de suite. Les études portaient sur des loups maintenus en captivité dans un zoo. C’est en 1947 que le Suisse Rudolf Schenkel (1914-2003), spécialiste du comportement animal, invente les alpha, bêta et oméga, pour les mâles comme pour les femelles, qui seront popularisés en 1970 par le zoologue David Mech… lequel désavouera ses propres travaux trois décennies plus tard. L’organisation sociale des loups est bien plus compliquée que ça, alors ne parlons même pas des humains.

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