PortraitInconnue en France, Laure Ferrari, 46 ans, conseille dans l’ombre son compagnon Nigel Farage, dont le parti, Reform UK, est en tête des sondages au Royaume-Uni. Après avoir été un rouage des extrêmes droites internationales au Parlement européen et gravité dans l’orbite de l’idéologue trumpiste Steve Bannon, la Française rêve désormais d’accompagner son conjoint au 10 Downing Street, la résidence des premiers ministres.
Laure Ferrari, à Clacton-on-Sea (Royaume-Uni), le 16 avril 2026. LAUREN FLEISHMAN POUR M LE MAGAZINE DU MONDE
Promis, Jordan Bardella a pris des cours d’anglais intensifs. Mais, ce 9 décembre, à Londres, le président du Rassemblement national (RN) peine à se passer des services d’un traducteur – d’une traductrice, en l’occurrence. Le chef de file de l’extrême droite française, 30 ans, est pendu à ses lèvres dans ce très chic restaurant d’un club privé de la capitale britannique, où le port de la veste est obligatoire. Il ne veut pas commettre d’impair devant Nigel Farage, 62 ans, leader du parti d’extrême droite Reform UK, qu’il rencontre pour la première fois. Contrairement à lui, le Britannique est une célébrité internationale, dont le visage goguenard symbolise le Brexit, voté sous son insistante pression, en 2016.
Les deux hommes, qui dominent les sondages dans leurs pays respectifs, se régalent à imaginer le futur de la relation franco-britannique, qu’ils fantasment en forteresse barricadée contre l’immigration. Le matin même, dans une interview au quotidien conservateur The Telegraph, le Français a fait la réclame de son hôte – un « grand patriote », qui sera à coup sûr « le prochain premier ministre » du Royaume-Uni. L’entretien avait été négocié par l’équipe de Farage.
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