Plus de 40 cas de rougeole ont été déclarés en France depuis le début de l'année. Si un vaccin efficace existe, la maladie virale, qui peut causer de graves complications, n'a toujours pas été éradiquée.

La rougeole continue de circuler en France. Depuis le 1er janvier 2026, 44 cas ont été déclarés, dont 14 nouveaux cas en mars, a écrit Santé publique France dans son dernier rapport sur la maladie daté du 16 avril dernier. Sur l'ensemble de l'année 2025, "quatre décès attribuables à la rougeole ont été rapportés, tous chez des patients immunodéprimés", précise encore l'agence nationale de santé publique.

Pour endiguer, voire éradiquer la rougeole, l'unique remède demeure la vaccination, réalisée en deux injections, la première à 12 mois et la seconde entre 16 et 18 mois. "La seule prévention, c'est la vaccination des jeunes enfants", affirme auprès de BFM Robert Sebbag, infectiologue à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Couverture vaccinale insuffisante

Si la couverture vaccinale contre la maladie atteint 95,5% pour la première dose chez les enfants de 24 mois, la couverture vaccinale pour la deuxième dose reste toujours en dessous de 95%, soit le "seuil pour atteindre l’élimination de la rougeole", explique encore Santé publique France.

"Il faut donc respecter les rappels des vaccins ", insiste Robert Sebbag.

Depuis 2023, les cas de rougeole se multiplient en France, majoritairement chez des personnes non ou mal vaccinées, c'est-à-dire avec une dose seulement. "Quand on a à disposition un vaccin efficace contre une maladie mortelle, c'est bien triste de constater l'échec sur l'information", reconnaît l'infectiologue de l'AP-HP.

De manière plus générale, Robert Sebbag constate "qu'il y a une sorte de crainte sur la vaccination" depuis la pandémie de Covid-19. "La peur des vaccins a remplacé la peur des maladies", s'inquiète-t-il. Et au sein d'une population non-vaccinée, une personne infectée par la rougeole peut contaminer entre 15 et 20 personnes, note Santé publique France.

Plus de 127.300 cas signalés en Europe en 2024

En 2024, 483 cas de rougeole ont été déclarés en France. Cette augmentation des cas recensés cette année-là dans l'Hexagone est "le reflet de la situation épidémiologique internationale marquée par une recrudescence des épidémies de rougeole depuis 2022 et en particulier en 2023 dues à plusieurs années de baisse de la couverture vaccinale à l'étranger", peut-on lire sur le site Internet de Santé publique France.

Aux États-Unis, où le ministère de la Santé est dirigé depuis février 2025 par le vaccino-sceptique Robert Kennedy Jr, la propagation de la rougeole a par exemple explosé, remarque l'infectiologue Robert Sebbag. Pas moins de 1.792 cas ont été rapportés depuis le début de l'année 2026, selon les chiffres des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).

D'après les chiffres des Nations Unies, "plus de 127.300 cas de rougeole ont été signalés en Europe en 2024, soit le double de ceux signalés en 2023 et le nombre le plus élevé depuis 1997".

Syphilis, tuberculose, rougeole: pourquoi ces maladies anciennes sont-elles de retour? 14:38

Un risque de complications graves

La rougeole est une maladie virale transmise par l'air qui "se manifeste par une éruption cutanée précédée par une rhinite, une conjonctivite, une toux, accompagnée d'une fièvre très élevée et d'une grande fatigue", rapporte l'Assurance Maladie. En général, le malade guérit au bout d'une dizaine de jours.

Toutefois, "des complications plus ou moins graves peuvent parfois survenir", alerte l'organisme. Pneumopathie virale, kératoconjonctivite, divers types d’encéphalite... "La politique de prévention demeure insuffisante", regrette Robert Sebbag.

Si quelques effets secondaires légers peuvent apparaître après l'injection, tels que de la fièvre ou de petits boutons sur la peau, "la vaccination est le moyen de protection le plus efficace", renchérit Santé publique France.