Un an après, la même inquiétude plane sur l’école Henry-Peyret, à Courson-Monteloup, une commune d’environ 600 habitants de l’Essonne. L’établissement risque de voir l’une de ses trois classes disparaître à la rentrée scolaire prochaine, a appris la mairie dans un courrier envoyé par les services de l’Éducation nationale.

Encore. Car l’histoire n’est pas neuve : l’année dernière, la même annonce avait déclenché l’indignation des habitants et de l’équipe municipale. Plusieurs mobilisations avaient eu lieu avec le résultat espéré : la fermeture n’avait finalement pas eu lieu. Mais un an plus tard, le scénario se reproduit, provoquant lassitude et colère. « C’est décevant et fatigant », soupire Nicolas Aunai, adjoint (sans étiquette) au maire.

Une école de 51 élèves

Cette petite commune rurale dispose d’une seule école primaire, qui compte actuellement 51 élèves. Installée sur la même place que la mairie, elle est un point central de la vie du village. Pour lutter contre cette fermeture jugée « injuste », élus et parents d’élèves se mobilisent. Une journée de blocage est organisée ce lundi dès 8h30.

« Dans notre village, il y a la mairie, l’école et la machine à pain », résume Nicolas Aunai. Alors, même si « tout le monde n’est pas parent d’élèves », ce lieu est « très important, c’est là que les gens se rencontrent », insiste l’adjoint au maire.

La mobilisation est également soutenue par des élus nationaux. Laure Darcos (Les Indépendants - République et Territoires) et Jean-Raymond Hugonet (Les Républicains), deux sénateurs de l’Essonne, ont chacun écrit des courriers à l’académie de Versailles (Yvelines) afin de maintenir la troisième classe de l’école. Les deux élus s’inquiètent des conséquences d’une telle fermeture dans la commune.

Un risque de niveaux surchargés

Si le rectorat ne revient pas sur sa décision, cette suppression marquera le passage de trois à deux classes au sein de l’établissement. « Pour nous, perdre des classes, c’est l’assurance d’avoir des niveaux surchargés », alerte Nicolas Aunai. À l’heure actuelle, les trois classes comptent 17 élèves chacune. En cas de fermeture, les deux restantes passeraient à 27 et 24 enfants. « On devra alors mélanger des élèves, certains qui apprennent en jouant et d’autres qui doivent se concentrer », poursuit-il.

Pour David, père d’une petite fille scolarisée en classe de CP, « quatre niveaux dans une seule classe, c’est n’importe quoi ». Installé dans la commune depuis 8 ans, il s’était déjà mobilisé l’année dernière. « L’école est super. Les classes ne sont pas surchargées, les professeurs ont le temps de s’occuper de tout le monde. Les enfants sont contents d’aller en cours. C’est un privilège qu’il faut défendre », explique-t-il.