Manuel Ortiz de Zarate, Max Jacob, Moïse Kisling, Pâquerette et Picasso à Montparnasse au café La Rotonde. Tirage interfolié dans le livre de Max Jacob, « Le Cornet à dés », publié à Paris, en novembre 1917, dédicacé par l’auteur et illustré par Picasso. GRANDPALAISRMN (MUSÉE NATIONAL PICASSO-PARIS)/THIERRY LE MAGE/ADAGP, PARIS
Avec pour titre « 1913-1923 : l’esprit du temps » et pour sous-titre « Paris célèbre les arts d’Afrique et d’Océanie », le Musée du quai Branly consacre une exposition à un sujet qui peut sembler de pure érudition : l’arrivée en Europe d’objets en provenance d’Afrique et d’Océanie à partir de la fin du XIXe siècle. La question est ici limitée à la France, quoique le phénomène ait eu lieu au même moment en Grande-Bretagne et dans l’Empire allemand. Elle a déjà été étudiée dans de nombreux travaux parce qu’elle est inséparable de l’histoire des avant-gardes artistiques du début du XXe siècle : fauvisme et cubisme à Paris, expressionnisme à Dresde, Berlin et Munich. Autrement dit, Henri Matisse, André Derain, Pablo Picasso, Georges Braque, Ernst Ludwig Kirchner, Emil Nolde, Max Pechstein ou Paul Klee du côté des artistes, Guillaume Apollinaire et Carl Einstein du côté des écrivains.
Les regards que ceux-ci ont portés sur statues et masques et les enseignements plastiques qu’ils en ont déduits ne sont que sommairement mentionnés ici. Ne le sont pas plus les raisons profondes et plus anciennes de ce phénomène culturel de grande ampleur. Le parcours se focalise sur les premiers marchands et collectionneurs parisiens ainsi que sur les manifestations publiques les plus précoces de cet intérêt, albums de photographies et expositions, dont celle du pavillon de Marsan, au Louvre, en 1923. Il s’agit d’une histoire technique et non intellectuelle ou artistique.
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