Des réfugiés maliens à Doueinkara, au Mali, près de la frontière mauritanienne, le 29 avril 2026. PATRICK MEINHARDT/AFP
Depuis le début de la guerre, en 2012, les djihadistes n’ont jamais autant menacé les autorités maliennes. C’est ce que démontre l’offensive d’une ampleur inédite menée depuis le 25 avril dans le pays. Luis Martinez, directeur de recherche au Centre de recherches internationales de Sciences Po et auteur de L’Afrique, le prochain califat ? La spectaculaire expansion du djihadisme (Tallandier, 2023), décrypte les ambitions et le mode opératoire du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM) au Mali.
Quels sont les objectifs des djihadistes du GSIM au Mali ?
Dans l’immédiat, les djihadistes ne souhaitent pas faire plier militairement les villes qu’ils attaquent. Ils travaillent sur trois axes pour parvenir à s’imposer dans le pays. D’abord, ils cherchent à provoquer le discrédit des forces de sécurité dans les régions les plus éloignées de la capitale – ce qui est déjà un succès. Ensuite, ils tentent d’obtenir au minimum une acceptation passive des populations. Enfin, ils essaient de faire en sorte que les forces armées maliennes ne soient pas farouchement opposées à eux si, à l’avenir, ils prenaient le pouvoir. Donc, même s’ils les combattent, ils tentent de ne pas les humilier en permanence.
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