Un témoignage saisissant. Vadym Lietunov, un soldat ukrainien de 34 ans originaire d’Odessa, raconte dans les colonnes du Guardian comment il a survécu plusieurs jours après avoir été fait prisonnier par un soldat russe. L’homme a réussi à rester en vie en manipulant son geôlier, avant d’être secouru.

Les faits remontent à la fin du mois de février. Une frappe de drone russe transportant une mine antichar frappe sa position. « J’ai levé les yeux et nous n’avions plus de toit. Tout avait explosé », se souvient-il auprès du média britannique. Alors que son camarade est tué, lui cherche un abri.

« Vous n’êtes pas des nôtres, n’est-ce pas ? »

L’homme tombe sur un abri fortifié. Il s’y dirige pensant trouver des soldats ukrainiens à l’intérieur. « Je suis entré dans l’abri et j’ai vu un homme en uniforme qui me braquait avec un fusil automatique, explique-t-il. Je lui ai dit que j’appartenais à telle brigade et que nous avions été bombardés. » L’homme l’invite à entrer. Et l’Ukrainien finit par reconnaître son accent russe. « Je lui ai dit : « Vous n’êtes pas des nôtres, n’est-ce pas ? S’il vous plaît, ne me tuez pas », ajoute-t-il.

Le soldat russe décide de le garder en vie et Vadym Lietunov est fait prisonnier. Les deux hommes cohabitent dans un abri étroit pendant deux semaines, où les ressources sont limitées. Un drone largue 250 grammes de rations - un sachet de porridge, de la confiture et une petite bouteille d’eau – une fois par jour. Mais les deux hommes sont parfois contraints de boire de l’eau de pluie ou leur urine.

Un ancien détenu envoyé au front

Pour survivre, l’Ukrainien feint l’ignorance et se montre docile. Selon lui, le soldat russe prénommé Nikita est un toxicomane et un ancien détenu envoyé au front. La Russie a en effet recruté des dizaines de milliers d’hommes dans les prisons et les a envoyés sur le front en échange d’une grâce future.

La situation est tendue mais l’Ukrainien finit par trouver une opportunité : il entre en contact avec son unité grâce à un drone qui survole la zone. « Nous avons accroché une pancarte près d’un arbre. Il y avait mon indicatif dessus – Cartman, du dessin animé South Park – et le numéro de ma brigade. Je me suis agenouillé, j’ai pointé la pancarte et j’ai crié que j’étais un Ukrainien », explique-t-il. Une radio est larguée par drone pour lui permettre de communiquer.