L’autrice féministe Nana Darkoa Sekyiamah, à Nairobi, le 3 mai 2022. KHADIJA FARAH/NYT-REDUX-RÉA

L’audace de Nana Darkoa Sekyiamah se lit d’abord dans le titre de son ouvrage : La Vie sexuelle des femmes africaines (Philippe Rey, 320 pages, 20 euros), publié le 12 mars. Un programme aussi présomptueux que réducteur, pourrait-on penser. Un horizon plutôt, comprend-on en plongeant dans l’intimité des 31 femmes qui se sont confiées à l’autrice ghanéenne de 48 ans. Toutes sont issues du continent – de l’Egypte à l’Afrique du Sud – et des diasporas d’Amérique du Nord, du Sud, des Caraïbes et d’Europe. De ces récits écrits à la première personne et sans filtre, on ressort stupéfait, amusé et souvent décontenancé.

« J’étais fatiguée de voir les mêmes clichés sur la vie sexuelle des femmes africaines dans les médias », justifie Nana Darkoa Sekyiamah, rencontrée à la mi-avril dans un café parisien. « Elles sont souvent dépeintes sous le prisme d’une sexualité à problème ou de la santé reproductive. Comme si elles n’étaient qu’un vecteur de maladies. Ou alors, elles sont constamment enceintes et surtout très passives. Oui, l’excision et les violences sont une part de la réalité. Mais nos histoires sont aussi tellement plus amusantes. Je voulais raconter à quel point nos chambres à coucher peuvent être palpitantes », poursuit-elle, dans un grand éclat de rire.

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