Devant les caméras de Sept à Huit, Laëtitia témoigne de sept ans de violences psychologiques et physiques infligées par son mari, ainsi que de viols par des inconnus auxquels il l'aurait livrée. Son compagnon doit être jugé cette année de faits de proxénétisme, viols aggravés et actes de torture et de barbarie, pour lesquels il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Pendant sept ans, Laëtitia dit avoir subi des violences physiques et psychiques continues infligées par son compagnon, des viols par des inconnus auxquels il l'aurait livrée et avoir vécu dans une peur constante. La quadragénaire témoigne à visage découvert des actes dont elle accuse son compagnon, qui sera jugé en 2026 par la cour d'assises des Alpes-de-Haute-Provence pour "proxénétisme aggravé, viols aggravés et actes de torture et de barbarie". Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité et bénéficie de la présomption d'innocence.
Devant les caméras de l'émission Sept à Huit, qui lui consacre ce dimanche 3 mai un portrait, Laëtitia relate l'enfer que lui aurait fait subir son compagnon, qu'elle a rencontré en 2015. Le comportement de ce directeur d'une agence bancaire, de dix ans son aîné, aurait rapidement basculé après le début de leur relation: d'homme protecteur, il serait passé à bourreau.
Coups, étranglements, viols…
Laëtitia dénonce une longue liste d'actes de violences subies pendant sa relation: "Au début, ça a été des gifles… Des gifles jusqu'à ce que je perde une dent. Après, des coups de ceinture, des fessées à me faire des marques pendant deux semaines, des coups de planche à découper, de câbles électriques." Elle accuse son mari de l'avoir "étranglée plusieurs fois jusqu'à ce qu'[elle] perde conscience", de l'avoir étouffée avec des sacs-poubelles.
Elle déclare avoir subi des viols par "plusieurs centaines" d'inconnus auxquels son compagnon l'aurait livrée, y compris durant sa grossesse. Il l'avait inscrite sur "des sites d'escorte" et de "prostitution", explique-t-elle, précisant que ces inconnus lui ont fait subir des "violences physiques" pour lesquelles certains "payent très cher", souvent chez eux ou dans des hôtels.
Questionnée dans Sept à Huit à ce sujet, Laëtitia explique n'avoir jamais été victime de soumission chimique de la part de son compagnon: "C'était interdit. Il disait qu'il fallait que je me rende compte de ce qui m'arrivait."
"Il faut que la honte change de camp"
En janvier 2026, Laëtitia avait expliqué au micro de France Info que son mari l'avait menacée de la tuer si elle n'obéissait pas à ses ordres. Elle décrit un phénomène d'emprise et de contrôle de son compagnon sur tous les aspects de sa vie et d'isolement dans lequel il la confine. Elle rapporte avoir réussi à y échapper en racontant une scène d'étranglement à une amie de lycée sur Facebook. Celle-ci alerte la police, qui arrête le compagnon de Laëtitia à Manosque fin juin 2022.
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Elle explique au média être aujourd'hui marquée physiquement par ces sept années, notamment par des "pratiques sexuelles extrêmes" auxquelles il l'aurait soumise: "aujourd'hui je suis incontinente, handicapée. J'ai un appareil. Sans cet appareil, je devrais porter des couches. C'est terrible et difficile de vous parler de cela, mais c'est ma réalité à seulement 42 ans."
Celle-ci a demandé que le procès de son ex-compagnon soit public, et non à huis clos. "Il m'a tenue avec la peur, [...] avec la honte", raconte-t-elle au micro de Sept à Huit. Elle espère: "Si ça peut aider une femme à dire: 'si elle a parlé, il faut que je parle'..." Auprès de France Info, elle cite également une autre affaire: "Le procès des viols de Mazan et ce qu'en a fait Gisèle Pelicot ont achevé de me convaincre. [...] Il faut que la honte change de camp."