Absente des salles de cinéma françaises depuis quatre ans, l'icône hollywoodienne, à l'affiche du "Diable s'habille en Prada 2" depuis mercredi, ressurgit sur le devant de la scène, avec cinq films en 2026.
Serait-ce son année? Celle du moins de son retour sur le grand écran? Difficile de dire qu'Anne Hathaway, 43 printemps, propulsée en haut de l'Olympe hollywoodien avec Le Diable s'habille en Prada en 2006, a vraiment un jour délaissé les plateaux et les toiles blanches. L'actrice américaine est passée dernièrement chez Todd Haynes (Dark Waters, 2019), James Gray (Armageddon Time, 2022) ou Robert Zemeckis (Sacrées Sorcières, 2021). On a connu pire tableau.
Mais depuis quatre ans, on ne l'avait plus vue en salles en France - soit ses films ont été diffusés sur des plateformes, soit ils ne sont tout simplement pas sortis dans l'Hexagone, se limitant à une distribution locale. Avec cinq films cette année, dont deux des blockbusters les plus affriolants des prochains mois (Le Diable s'habille en Prada 2 de David Frankel, sorti ce mercredi 29 avril, et L'Odyssée de Christopher Nolan, en salles le 15 juillet), Anne Hathaway est de tous les plans. Sur tous les papiers glacés. Loin en tout cas de ses standards habituels, qui s'approchent d'un rythme de croisière plus pépère - entre un et deux films par an. 2026 est son année donc.
"Je pensais que j’étais dans cette petite niche indépendante un peu bizarre de ma carrière. Je pensais que j’allais y rester. Je suis donc vraiment ravie que quelqu’un m’ait proposé de revenir et, en gros, de faire l’équivalent d’une tournée dans les stades", s'exclame-t-elle dans le New York Times
Néanmoins, l'Américaine prévient d'emblée que ces trois dernières années sont une exception: "Un tel rythme n'est pas tenable, surtout en ce moment. J'ai de jeunes enfants (10 et 6 ans), poursuit-elle dans le quotidien. (...) Je vois cela comme une situation unique, et j'en profite simplement parce que ça ne se reproduira plus jamais". Et de préciser, lucide: "Je ne vois pas qui pourrait me demander de maintenir ce rythme une fois que mes enfants auront quitté la maison, c'est-à-dire vers la fin de la cinquantaine ou le début de la soixantaine."
Du thriller érotique au péplum
Qu'importe, cette année, on l'attend aussi dans Verity de Michael Showalter (en salles le 2 octobre), sorte de La Femme de ménage chic, évidemment érotique et horrifique, avec Dakota Johnson et Josh Hartnett. Il s'agit là de l'adaptation du roman à succès de Colleen Hoover, porte-étendard de la romance "young adult", dont les best-sellers Jamais Plus, Regretting You ou Reminders of Him, également écoulés à des millions d'exemplaires, ont eux-mêmes été transposés sur le grand écran.
L'actrice sera aussi au générique de Mother Mary (pas encore daté), mélo pop épique de David Lowery produit par la très hype A24, qui conte la relation entre une pop star (Hathaway donc) et une créatrice de mode (Michaela Coel). Un rôle à mi-chemin entre Lady Gaga et Taylor Swift qui l'a "plus mise à l'épreuve que tous ses précédents", a-t-elle confié à Vogue en juillet dernier.
Elle sera également à l'affiche du film de science-fiction familial La Fin d'Oak Street de David Robert Mitchell (en salles le 12 août), distribué par Warner Bros., où elle campe l'épouse d'Ewan McGregor. L'intrigue? Après un troublant événement cosmique, une famille est catapultée dans la préhistoire et "découvre que sa survie dépend de sa capacité à rester unie".
Et puis, surtout, il y a le retour du cultissime Diable s'habille en Prada vingt ans après, toujours aux côtés des impitoyables Meryl Streep, Emily Blunt et Stanley Tucci, et bien sûr L'Odyssée de Christopher Nolan, péplum à plus de 250 millions de dollars (soit le long-métrage le plus coûteux de sa carrière), retraçant le périple d'Ulysse après la guerre de Troie. Film de tous les superlatifs, premier à avoir été entièrement tourné en IMAX, L'Odyssée rassemble un casting inouï, allant de Matt Damon à Zendaya, en passant par Robert Pattinson, Tom Holland ou encore Charlize Theron.
Ne plus être une princesse
Bref, Anne Hathaway sait s'illustrer dans des genres pour le moins éclectiques. Et depuis ses débuts au cinéma. La catho américaine, née à Brooklyn en 1982, fille d'un avocat et d'une ancienne actrice, élevée à la sauce Montessori, jouant au foot puis au théâtre, s'est révélée au grand public avec le succès étonnant de Princesse malgré elle de Garry Marshall en 2001.
Anne Hathaway cherche ensuite à briser son image de princesse un peu lisse. "En termes de rôles de princesses, il y a une limite, en tant que jeune femme, avant de vraiment se sentir ridicule. C'est tellement amusant à faire que je me suis dit que j'allais en tirer le plus possible tant que je le pouvais. Puis j'irai jouer des addicts et des prostituées, les bons rôles qui font gagner des Oscars", ironise-t-elle dans Liveabout. Elle interprète alors une ado rebelle dans Jeux de gangs de Barbara Kopple (2005) et une cavalière taiseuse dans Le Secret de Brokeback Mountain d'Ang Lee (2005), aux côtés de Jake Gyllenhaal.
Survient alors l'épopée du Diable s'habille en Prada en 2006 et ses 326,5 millions de dollars de recettes cumulées dans le monde, dont 2,1 millions d'entrées en France. Puis Hathaway prend des chemins de traverse, ose incarner Jane Austen dans Jane de Julian Jarrold (2007), une jeune femme en cure de désintox dans Rachel se marie de Jonathan Demme (2008), qui lui vaut une nomination pour l'Oscar de la meilleure actrice et le Golden Globe de la meilleure actrice, puis se fraie un chemin dans la comédie romantique (Meilleures ennemies de Gary Winick en 2009, Valentine's Day de Garry Marshall en 2010).
Montagnes russes
La star officie alors chez les plus grands: Tim Burton pour Alice au pays des merveilles (2010), Christopher Nolan pour Interstellar (2014) et The Dark Knight Rises (2012), le rôle "le plus physique" de sa carrière dit-elle, Nancy Meyers pour Le Nouveau Stagiaire (2015), ou Tom Hopper pour la comédie musicale Les Misérables (2012). Elle y joue Fantine, perd 11 kilos, cisaille ses cheveux, donne de la voix dans J'avais rêvé d'une autre vie et obtient (inévitablement) une pluie de récompenses (notamment les BAFTA, Golden Globe et Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle).
La suite est plus hétéroclite encore avec des comédies romantiques (L'Idée d'être avec toi de Michael Showalter en 2024, She came to me de Rebecca Miller en 2023), des thrillers (Mothers' Instinct de Benoît Delhomme en 2024, Eileen en 2023), des séries (Modern Love en 2019, Solos en 2021, WeCrashed en 2022) et des bides (Sa dernière volonté de Dee Rees et Sacrées sorcières de Robert Zemeckis lui valent même des nominations pour la Pire actrice aux Razzie Awards en 2021). 2026 marque donc un tournant, sinon une résurrection.