Une annonce attendue. Sur le plateau du journal télévisé de TF1 ce dimanche soir, le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon a officiellement confirmé vouloir se lancer, pour une quatrième fois, dans la course à l’élection présidentielle en 2027.

« Oui, je suis candidat. Ce sont le contexte et l’urgence qui ont fixé la décision insoumise », a-t-il expliqué. Les élus de La France insoumise étaient en effet réunis, ce dimanche à Paris, pour désigner le candidat du mouvement de gauche radicale pour 2027.

Ces mêmes élus ont choisi le candidat le « mieux préparé », selon Jean-Luc Mélenchon, pour faire face à des crises multiples et imminentes. « Nous entrons dans une saison très agitée de l’Histoire du monde. Nous sommes menacés d’une guerre généralisée, d’un changement spectaculaire du climat, et puis nous avons une crise économique et sociale qui s’avance vers nous », a-t-il développé.

« Il y a une équipe, un programme, un seul candidat », a encore affirmé le leader des Insoumis. Mais la candidature de Jean-Luc Mélenchon porte un goût amer pour certains. À commencer par ceux qui se souviennent de son discours post-défaite en 2022, qualifié à l’époque de testamentaire, où il aspirait à « être remplacé ».

Une candidature « légitime » ?

L’ancienne insoumise Raquel Garrido exprimait son amertume dimanche après-midi dans une boucle dédiée à son mouvement l’Après. « Il a consacré toute son énergie, depuis 4 ans, à empêcher qu’une autre figure insoumise (puis ex-insoumise) ne puisse être tranquillement et solidement mise en condition d’être candidate à la présidentielle. J’espère que vous saurez vous souvenir que cet homme n’a pas de parole », a-t-elle écrit.

Un député de gauche enfonce le clou d’un message contradictoire avec le nouveau mantra du parti « la nouvelle France » : « Pense-t-il sincèrement incarner cette aspiration peut être légitime ? Homme blanc, 75 ans, aisé, longue carrière d’homme politique, parlementaire sous Mitterrand, ministre sous Jospin ? N’est-il pas l’incarnation pure d’une autre époque ? »

« Ce qu’il cherche dès le mois de mai c’est à bloquer toute possibilité de candidature de rassemblement », tacle aussi le député Alexis Corbière, fervent défenseur de l’union, et peu convaincu des capacités du tribun insoumis à gagner seul.

« La stratégie de LFI hostile à l’unité, n’intègre pas la haute menace de l’extrême droite. Le rejet de la personne de Mélenchon risque d’être un accélérateur de la victoire du RN. La situation était bien différente en 2017 et 2022 où il a bénéficié d’un vote utile, mais cette fois-ci c’est une autre histoire. Le mandat que les gens vont donner ce sera à quelqu’un qui peut battre le RN au second tour. Et là-dessus, Jean-Luc Mélenchon n’est pas plus celui qui optimise cet impératif. Il ne facilite plus, il complique », développe-t-il.

« C’est dangereux »

Et cet autre député de gauche de renchérir : « C’est dangereux. Il n’en envisage les choses que comme il le souhaite ». Alors que, dans ce camp, les débats sur l’organisation d’une primaire s’enlisent, cette candidature automne peut-elle jouer le rôle d’électrochoc et provoquer un sursaut unitaire ?