Le chancelier allemand Friedrich Merz s’adresse aux journalistes lors de sa visite à la caserne de l’armée allemande à Münster, dans le nord de l’Allemagne, le 30 avril 2026. DANIEL REINHARDT / AFP
« Je ne renonce pas à travailler sur la relation transatlantique. Et je ne renonce pas non plus à travailler avec Donald Trump », a affirmé dimanche 3 mai le chancelier allemand Friedrich Merz dans un entretien avec la chaîne de télévision publique ARD qui doit être diffusé dans la soirée.
Le chancelier a cherché à relativiser les tensions avec le président américain, arguant par exemple du fait que l’annonce soudaine du retrait de 5 000 soldats américains des bases en Allemagne n’était pas surprenante et ne devait pas être perçue comme étant des représailles. « C’est peut-être un peu exagéré mais ce n’est pas nouveau », a martelé M. Merz.
Les critiques qu’il a formulées, comme d’autres dirigeants européens, à propos de la guerre américano-israélienne contre l’Iran ont manifestement irrité Donald Trump.
Le 27 avril, le chancelier a ainsi estimé que l’Iran « humiliait » Washington à la table des négociations. Des déclarations qui ont donné lieu à des commentaires cinglants de M. Trump qui a en particulier jugé que M. Merz faisait un travail « déplorable » en tant que chef du gouvernement allemand.
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« Nos partenaires les plus importants »
Dimanche, le chancelier a soutenu qu’il n’y avait « aucun lien » entre la polémique opposant Berlin à Washington et la décision concernant les militaires américains présents dans son pays. M. Merz a par ailleurs semblé confirmer que le déploiement prévu de missiles de croisière de longue portée Tomahawk en Allemagne – annoncé par l’ancien président américain Joe Biden – n’était plus d’actualité, du moins pour le moment.
Mais il en a donné pour explication la réduction du nombre de ces engins consécutive aux guerres en Iran et en Ukraine : « les Américains eux-mêmes n’en ont pas assez actuellement. Objectivement, il est quasiment impossible que les Etats-Unis renoncent à des systèmes d’armes de ce type ».
Le chancelier allemand a toutefois insisté sur le fait que, selon lui, les puissances européennes au sein de l’OTAN pourraient continuer à dissuader la Russie sans ces missiles. Friedrich Merz a en outre assuré qu’il partageait toujours l’objectif de Donald Trump d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme atomique, même s’il a critiqué la gestion du conflit par Washington.
« Nous avons une vision différente de cette guerre. Ce n’est un secret pour personne », a-t-il noté, avant de lâcher : « je ne suis pas le seul à le penser ». Selon le chancelier, le président américain respecte son droit d’avoir des opinions différentes, même si, peut-être, « un peu moins en ce moment ».
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« Mais cela ne change rien au fait que je reste convaincu que les Américains sont des partenaires importants pour nous – nos partenaires les plus importants au sein de l’Alliance atlantique », a-t-il souligné.
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