LETTRE DE PHNOM PENH

Sur le Mékong, à Phnom Penh, le 16 mars 2026. TANG CHHIN SOTHY/AFP

Le Cambodge tient à son grand canal entre le Mékong et la mer. Un peu moins de deux ans après l’annonce en fanfare du projet, les travaux ont officiellement été lancés le 11 avril dans la province de Takéo, au sud de Phnom Penh. Ce jour-là, le premier ministre cambodgien, Hun Manet, flanqué de l’ambassadeur de Chine au Cambodge, Wang Wenbin, a appuyé sur un détonateur symbolique, faisant surgir un panache de fumée colorée devant le chantier, une longue tranchée d’une largeur de 100 mètres percée à travers les rizières et au fond de laquelle une centaine d’engins de chantier sont alignés.

Ce qui démarre, c’est la section II du canal, cofinancée avec la Chine, celle que doit construire le géant public chinois CRBC. La plus longue en fait, puisqu’elle s’étend sur 151,6 kilomètres. Elle reliera le grand défluent du Mékong qu’est le Bassac – les deux fleuves se sont séparés à Phnom Penh – à la presqu’île de Kep, sur le golfe de Thaïlande. Un autre canal, appelé section I, long seulement de 21 kilomètres, mènera du Mékong au Bassac. Il restera sous contrôle de groupes publics cambodgiens. L’axe fluvial projeté doit permettre au Cambodge de s’affranchir du passage par le delta du Mékong, sous contrôle vietnamien.

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