Un panneau d’affichage représentant le président libanais, Joseph Aoun, avec la mention en arabe « La décision appartient au Liban », dans le quartier majoritairement chrétien d’Achrafiyé, à Beyrouth, le 1ᵉʳ mai 2026. WAEL HAMZEH/EPA/MAXPPP

Le Liban reste dans la tourmente. La trêve décrétée par Washington n’en est pas une dans le sud du pays, cible d’intenses bombardements israéliens. Le risque de reprise d’une guerre totale entre Israël et le Hezbollah n’est pas écarté, encore moins si les pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran devaient échouer. Sur cette toile de fond préoccupante, les négociations attendues avec l’Etat hébreu provoquent tensions et blocages.

Près de trois semaines après la tenue de premières discussions sous l’égide de Washington, le 14 avril, le Liban n’a pas de feuille de route. Une réunion prévue au sommet de l’Etat, mercredi 29 avril, devait amorcer l’établissement d’une stratégie unifiée. Elle n’a pas eu lieu. Nabih Berri, président du Parlement et vieux routier de la politique libanaise, a refusé d’apporter son soutien aux négociations directes voulues par le président, Joseph Aoun, et le premier ministre, Nawaf Salam.

M. Berri est le chef du parti Amal, l’une des deux principales formations chiites avec le Hezbollah. Son entourage affirme qu’il ne peut pas s’associer au processus, tant que sa communauté continue à payer le prix fort de la guerre, dans le sud du pays. Les frappes s’accompagnent de l’occupation et de la destruction d’une bande frontalière libanaise par l’armée israélienne. Le chef du Parlement cherche aussi à ménager le Hezbollah, qui compte toujours une vaste base populaire. M. Berri en demeure un allié, malgré la colère qu’il avait éprouvée après l’entrée en guerre du mouvement armé pro-iranien, le 2 mars. Celle-ci a provoqué un déluge de feu israélien sur le Liban. Or le Hezbollah rejette les pourparlers voulus par le président.

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