NOUS AVONS REGARDÉ POUR VOUS - Le 28 octobre dernier s’ouvrait la première commission d’enquête sur l’audiovisuel public, à l’initiative du député UDR Charles Alloncle. L’occasion pour les acteurs de cette commission d’enquête d’en dresser le bilan sur LCP ce lundi 4 mai 2026.
La commission d’enquête sur le financement et la neutralité de France Télévisions s’est achevée après près de six mois d’auditions en tout genre. Six mois qui ont fait passer deux hommes politiques jusque-là peu connus au rang de véritables personnalités publiques : Charles Alloncle, député UDR et rapporteur de cette commission d’enquête, et Jérémie Patrier-Leitus, député Horizons et président de cette commission.
Dans un documentaire diffusé sur la chaîne YouTube de LCP ce lundi 4 mai dès 18 heures intitulé Audiovisuel public : les secrets d’une commission, les deux hommes et d’autres acteurs majeurs de cette commission dressent le bilan de celle-ci. Une date loin d’être choisie au hasard puisque c’est ce lundi qu’est publié le rapport de Charles Alloncle, contenant toutes ses observations et propositions relatives au fonctionnement du service public.
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La commission d’enquête sur l’audiovisuel public est-elle devenue le lieu d’une politique spectacle ? C’est la question que pose le documentaire en premier lieu. «Cette commission ne sera pas le lieu de la politique spectacle où l’on vient chercher un quart d’heure de loi médiatique. Je le dis au rapporteur, je refuserai de convoquer devant cette commission des personnalités dont l’audition ne rentre pas dans le périmètre de nos travaux, des personnalités dont la présence n’a qu’un objectif, faire le buzz», avait pourtant assuré Jérémie Patrier-Leitus au tout début des premières auditions.
«Chaque mot qui a été prononcé dans cette introduction, ce propos liminaire indique exactement le rôle que j’ai tenté de mener tout au long des travaux, c’est-à-dire d’empêcher que la commission d’enquête ne se transforme en lieu de la politique spectacle, empêcher qu’elle ne soit dévoyée en tribunal politique, en procès individuel», déclare-t-il aujourd’hui.
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Pour la députée Écologiste et social Sophie Taillé-Polian, membre de la commission, le constat est clair : «Tout ce que le président ne souhaitait pas qui arrive est arrivé. On a eu les stars, le buzz, les questions à charge. Tout ce qui était prévisible est arrivé». Elle regrette que cette commission ne se soit pas tenue à huis clos, comme elle l’avait initialement demandé. Céline Calvez, députée Ensemble pour la République et aussi membre de la commission, estime quant à elle : «On a eu de la politique spectacle non seulement parce que des personnalités ont été invitées, somme toute pour faire le buzz que pour en tirer de véritables enseignements».
Mais outre certaines auditions finalement peu utiles de personnalités très médiatiques telles que Léa Salamé, Michel Drucker ou encore Patrick Sébastien, c’est surtout le comportement de, Charles Alloncle pendant la commission, qui est remis en question. Pour chaque audition ou presque, les équipes du rapporteur s’affairaient à poster en direct sur les réseaux sociaux des extraits de ces auditions, parfois très raccourcis au point de «faire dire aux gens l’inverse de ce qu’ils avaient dit», dénonce Sophie Taillé-Polian.
Vous n’avez pas à rendre une sentence comme c’était fait par tweet, souvent par Charles Alloncle. Céline Calvez
Céline Calvez déclare : «Quand vous êtes rapporteur, vous devez quand même être assez discret. C’est plutôt au moment de rendre votre rapport que vous pouvez communiquer ce que vous pensez de telle ou telle chose. Le fait qu’il y ait une communication en direct et qui déforme les propos sans que les personnes puissent s’en défendre puisqu’elles, elles sont devant la commission et elles ne sont pas en train de refaire des tweets pour réagir, ça pose quand même un vrai souci. Vous n’avez pas à rendre une sentence comme c’était fait par tweet, souvent par Charles Alloncle».
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De son côté, Jérémie Patrier-Leitus regrette aussi le comportement de son rapporteur : «Là, j’ai une différence de méthode fondamentale avec le rapporteur. Je considère que durant tous les travaux de la commission d’enquête, les propos qui sont tenus devant la commission d’enquête ne doivent pas être relayés ni par le rapporteur ni par le président. En tout cas le rapporteur et le président que de relayer. Alors certes parfois au conditionnel comme l’a fait le rapporteur, certes en mettant quelques précautions, mais enfin très souvent en les relayant de manière brute, sans beaucoup de précautions».
Un relais médiatique sur les réseaux sociaux proposé par le rapporteur qui aurait contribué à perturber le bon déroulé des auditions, notamment concernant Nagui qui, suite aux accusations directes de Charles Alloncle concernant ses revenus, a été victime de vagues de cyberharcèlement, allant parfois jusqu’aux menaces de mort.