Sans conteste l’une des séries les plus marquantes de 2025. Sortie avec un effet de surprise le jour de la Saint-Valentin l’an passé sur Disney +, « Bref 2 » a rencontré un carton monumental, cumulant nombre de visionnages stratosphériques, critiques dithyrambiques et répliques cultes déjà entrées dans le langage commun. De quoi frustrer les curieux qui n’avaient pas d’abonnement Disney +…

Séance de rattrapage dès ce lundi 4 mai : TF 1 diffuse, à partir de 21h10, les trois premiers volets (sur six) de la série, à la fois drôle et émouvante, signée du comédien Kyan Khojandi et de son acolyte Navo. La suite de la pastille humoristique culte que le duo avait concoctée au début des années 2010 sur Canal +.

Autre époque, autre format : ces nouveaux épisodes sont bien moins « brefs » que les précédents (plus de trente minutes contre trois minutes) mais tout aussi réussis. Un tour de force qu’il est urgent de rattraper. Pour (au moins) trois raisons.

Des bonnes idées à gogo

Ce qui frappe, dès le premier épisode des tribulations de ce quadragénaire (joué par Khojandi) en pleine remise en question existentielle ? C’est le nombre de bonnes idées de mise en scène. Le montage est chic et malin, les métaphores filmées d’une puissance visuelle folle, les fulgurances enthousiasmantes.

Un exemple ? Pour symboliser la léthargie d’un personnage resté coincé dans le passé, les réalisateurs l’affublent d’un tee-shirt de foot « France 1998 » et font défiler les années (1999, 2000, 2001…) sur son vêtement. Une simple image plus parlante que trois minutes de monologue !

Au final, le spectateur a l’impression d’être dans un parc d’attractions tellement certaines scènes, malicieusement ludiques, donnent le sentiment d’enchaîner les tours de manège. Magique !

Une fiction bien plus profonde qu’elle n’y paraît

Si la première saison de « Bref » avait révolutionné le format court et ouvert la porte à toute une nouvelle génération de créateurs, cette suite conserve donc cet ADN de créativité foisonnante. Mais la série est, en plus, rehaussée d’une profondeur dans les thèmes abordés (le deuil, le couple, l’amitié) qui a bluffé jusqu’à de nombreux psys.

Égocentré et terriblement immature en première saison, le personnage principal change de décennie… et de façon de voir le monde dans cette nouvelle salve. Confronté à la maladie de son père, à la toxicité de son meilleur pote et à ses propres accès de colère, le quadra apprend à dézoomer, à ne plus se placer en victime permanente, à mieux comprendre les autres et, surtout, à capter qu’on devient moins idiot… quand on réalise qu’on en est un sacré spécimen. Une petite « leçon de vie », souvent émouvante, pas rébarbative pour un sou, et qui se déploie sans alourdir les effets comiques de la série.

Un casting de haute volée renouvelé

On ne change pas une équipe qui gagne ? Non, mais on peut la muscler. C’est ce qu’a fait Kyan Khojandi avec cette suite. L’humoriste retrouve la plupart de ses compères de la saison 1 de Bérengère Krief à Alice David en passant par Baptiste Lecaplain et Dédo. Mais ils sont accompagnés d’une nouvelle bande sacrément convaincante.

En colocataire pas si relou qu’elle n’en a l’air, Laura Felpin confirme son statut de nouvelle tchatcheuse en cheffe de la comédie en France. Jean-Paul Rouve apporte une petite dose de poésie burlesque. Les apparitions savoureuses ― Doria Tillier, Thomas VDB, Orelsan, Jonathan Cohen, Alexandre Kominek… ― se succèdent dans un feu d’artifice jouissif. Bref, pas question de louper « Bref 2 » !