Les 200 millions d’aide annoncés par le Premier ministre ne suffiront pas. Après l’attaque informatique ayant visé le portail de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) en avril, Sébastien Lecornu avait promis lors de sa visite à cette agence que 200 millions d’euros seraient débloqués afin de « remettre des moyens » dans le cyber.
Cette somme, importante, « ne suffira pas », a reconnu ce lundi 4 mai la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique Anne Le Hénanff. « C’est une mesure d’urgence, ça ne suffira pas », a-t-elle dit sur France Inter. La ministre explique que les budgets alloués à la cybersécurité dans les différentes organisations de l’État et les ministères sont parfois « extrêmement faibles ».
« Ça peut aller dans certains ministères de 1 %, ce qui est extrêmement faible, à 5 %, ce qui n’est également pas énorme », a-t-elle dit. Or, « on dit que pour assurer la cybersécurité du quotidien et pour rester dans le niveau minimum exigé, il faut 10 % d’un budget informatique », a affirmé la ministre.
Des « audits flashs » dans les ministères
Les 200 millions d’euros annoncés par Sébastien Lecornu permettront aux différents ministères de faire des « audits flash ». « Chaque ministère aura la possibilité de mesurer ses vulnérabilités, ça, c’est une mesure d’urgence », a précisé Anne Le Hénanff.
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Les fonds permettront également « aux ministères et à l’administration centrale de mettre à niveau sa cybersécurité, c’est-à-dire protéger les systèmes d’information, les réseaux, mais également les données, et plus particulièrement les données des Français ».
« Les cyberattaquants utilisent de nouvelles failles »
Anne Le Hénanff rappelle également que les vulnérabilités informatiques « changent tous les jours, les cyberattaquants utilisant de nouvelles failles ».
En plus des 200 millions d’euros promis jeudi 30 avril, Sébastien Lecornu a aussi évoqué la création d’une « autorité numérique de l’État » : « On a, depuis le début de l’année 2026, énormément d’intrusions informatiques, de vol de données », avait-il expliqué, en précisant que cela correspond à environ trois vols de données par jour.