Le président de la Fédération bancaire française (FBF) Daniel Baal a suggéré ce lundi 4 mai que l’État garantisse les prêts accordés par les banques ou verse une avance aux candidats à l’élection présidentielle afin de faciliter le financement de leurs campagnes, alors que le RN peine à obtenir un prêt.

Pour débloquer la situation, Daniel Baal, interrogé sur BFM Business, a estimé pertinente « une intervention publique dès le départ ».

Cela pourrait prendre la forme d’une « garantie à première demande » (qui permet à la banque d’être facilement remboursée en cas de défaut) donnée par l’État aux banques prêteuses ou une avance directe aux candidats, selon Daniel Baal, par ailleurs président du Crédit mutuel Alliance fédérale.

Pour le président de la fédération, qui représente la profession bancaire en France, prêter de l’argent à un candidat à l’élection présidentielle constitue un risque d’une « toute autre nature » que les crédits habituellement accordés aux ménages et aux entreprises.

Jusqu’à 10,7 millions d’euros remboursés

L’État finit par accorder des remboursements d’une grande partie des frais engagés par la campagne lorsqu’un candidat dépasse 5 % des suffrages exprimés au premier tour. Ce seuil a été largement dépassé par le Rassemblement national aux précédentes élections.

Mais ces remboursements sont également conditionnés à la validation officielle du compte de campagne, rappelle Daniel Baal, ce qui représente à ses yeux un risque supplémentaire pour les banques.

« Qui aurait pu penser que le président sortant Nicolas Sarkozy », en 2012, « se fasse invalider ses comptes de campagne ? », a-t-il pris en exemple.

Le RN à la recherche d’un prêt

À près d’un an du scrutin, le RN est à la recherche d’une banque susceptible de lui avancer les 10,7 millions d’euros correspondant au montant maximal remboursable par l’État, pour les candidats qualifiés au second tour.

Le sujet est crucial pour un parti d’extrême droite sans capacité d’autofinancement, car engagé dans un remboursement « soutenu » de sa dette, quasi intégralement composée de prêts de particuliers.