NICOLAS POLLI POUR LE MONDE
Priscilla Quang est née en 1987 à Paris. Ses parents, tous deux originaires du Vietnam, souhaitent lui donner un prénom vietnamien. « A la maternité, on leur a suggéré très fortement de choisir un prénom du calendrier. » Ils lui donnent un deuxième prénom vietnamien : Trâm. Et choisissent Priscilla – associé à la sainte Prisca ou Priscille – comme prénom principal. Un clin d’œil à Priscilla Presley, l’ancienne épouse d’Elvis Presley, dont ils adorent les chansons.
L’exil de certains membres de la famille a pu jouer un rôle dans l’attribution de ce prénom américain. Dans les années 1970, les deux fratries de ses parents ont émigré du sud du Vietnam vers la France ou les Etats-Unis. Plus jeune, Priscilla a souvent rendu visite à ses oncles et tantes installés outre-Atlantique. « Du fait de mes liens familiaux, j’ai grandi avec cette double culture américanisée. Le choix de mes parents n’était donc pas anodin. »
En début de CM2, une professeure la prend à partie. « Priscilla, mais c’est quoi ce prénom ? Je n’ai jamais vu ça, on ne sait pas d’où ça vient et c’est dur à prononcer », s’épanche-t-elle, devant toute la classe. De fait, se souvient Priscilla, « personne ne savait le prononcer et l’orthographier ».
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