Deux mois après un premier rassemblement local qui avait réuni des milliers de personnes sur le parvis de l’hôtel de ville de Saint-Denis, Bally Bagayoko n’entend pas baisser la garde. Le maire LFI de la ville, élu le 15 mars dernier au premier tour à la tête de la deuxième plus grande commune d’Île-de-France, a lancé samedi 2 mai sur ses réseaux sociaux un appel à une « grande marche contre le racisme et toutes les formes de discrimination » pour le dimanche 21 juin, jour de la traditionnelle Fête de la musique.

Cette annonce intervient dans un contexte tendu. Depuis son élection, l’édile est la cible de propos polémiques et jugés racistes, notamment tenus sur le plateau de CNews les 27 et 28 mars par un psychologue, puis par l’essayiste Michel Onfray. Ces déclarations ont conduit le parquet de Paris à ouvrir une enquête pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ». Le président Emmanuel Macron lui avait apporté son soutien le 14 avril, lors de sa visite annuelle à Saint-Denis.

« Aucune place à l’indifférence »

Le 4 avril, une première mobilisation avait rassemblé entre 6 000 personnes selon la police et 15 000 selon les organisateurs sur le parvis de la mairie. Dans un post Instagram publié samedi, Bally Bagayoko affirme que cette « mobilisation populaire historique » a permis d’« exprimer notre rejet des propos racistes et xénophobes qui ont tendance à se normaliser dans l’espace public ». Mais pour lui, ce n’était qu’un début : « Rien ne pourra changer dans cette société sans une lutte acharnée », écrit-il.

Le 3 mai avait été envisagé pour un second rendez-vous, une date finalement abandonnée par la France insoumise en raison d’un agenda de mobilisation déjà chargé. Le 21 juin s’est finalement imposé, « après discussion avec un certain nombre d’organisations », pour réunir « toutes celles et ceux qui refusent de renoncer » et qui observent « une classe politique, économique et médiatique bourgeoise qui est train de préparer le terrain à l’extrême droite ».