Go West ! Déjà présentes sur la côte Est des États-Unis dans les épiceries fines, les tisanes et infusions bio de la marque « Provence d’antan » s’apprêtent désormais à conquérir l’ouest américain avec Los Angeles, San Francisco et Las Vegas en ligne de mire.
C’est la belle histoire d’une boîte qui sent bon la lavande et le terroir. Araquelle est une PME familiale de 18 salariés nichée à Vernègues, dans le nord des Bouches-du-Rhône. Une aventure qui démarre en 1989, quand Philippe Petit — le fondateur, toujours aux commandes — lance une première marque, Romon Nature, spécialisée dans les plantes médicinales. Normal : l’homme avait fait ses armes dans une société qui vendait des médicaments à base de plantes en pharmacie. Mais Philippe Petit ne s’est pas arrêté là. En 2004, il flaire le vent du bio et crée « Provence d’antan » pour séduire le grand public. Un pari gagnant.
Depuis son entrepôt de 4 000 m², la centaine de références des deux marques sont livrées dans 2 200 points de vente spécialisée dans le bio en France avec des produits dont les ingrédients, thym, romarin ou lavande mais aussi des fruits sont achetés à des producteurs provençaux.
« Le bio est une vraie valeur chez nous depuis le départ, nous n’utilisons pas de plastique non plus pour nos emballages et les producteurs avec qui nous travaillons sont payés au juste prix, ce qui explique que nos produits sont plus chers. Mais on en garantit la qualité », résume Philippe Petit dont des deux des trois enfants travaillent avec lui dans la société. « On a bénéficié de l’engouement des Français pour le bio après les scandales sanitaires qui se sont succédé et l’export est venue naturellement. Pour les étrangers et les Américains, la Provence est après Paris l’emblème de la France. »
Rupture de stock
Avec 8,3 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier, une place de leader sur le marché des tisanes et infusions biologiques en France, des packagings qui fleurent bon la Provence… Araquelle et sa marque « Provence d’antan » ont de quoi voir grand. Leurs produits s’exportent déjà en Europe, au Japon et à Taïwan. Mais c’est vers les États-Unis que les dirigeants lorgnent désormais. Leur intuition ? Outre-Atlantique, il existe une clientèle « en quête de raffinement et d’évasion », selon leurs propres mots — et surtout, bonne nouvelle, globalement moins regardante sur les prix que les consommateurs européens.
« J’ai vécu à New York et j’ai compris que nos produits y auraient toutes leurs places », confirme Clarisse Petit, la fille du fondateur. « On a trouvé un distributeur en 2023, il nous avait pris une première commande qui a été très vite en rupture de stock. C’est lui qui veut désormais nous emmener sur la côte ouest, malgré les incertitudes sur les taxes et la politique économique de Donald Trump. »
À lire aussi Grâce à elles, la tisane redevient chic !
Encore en phase de développement, le marché américain ne représente pour l’instant que 1,5 % du chiffre d’affaires, un chiffre que « Provence d’antan » prévoit de doubler rapidement avec une croissance annuelle estimée à 20 % sur les prochaines années.