Leur parole est rare depuis le 8 juillet 2023, date de la disparition de leur fils à l’âge de deux ans et demi. Mais dimanche, les parents du petit Émile ont dénoncé dans une tribune, publiée dans le Journal du dimanche, les violations du secret de l’instruction dans l’enquête sur la mort de leur fils et les fausses informations qui, selon eux, circulent dans la presse.
Marie et Colomban Soleil s’en prennent en particulier à l’auteur d’un livre, qu’ils ne nomment pas, mais qui a été identifié par des confrères comme étant celui de Valentin Doyen, journaliste et auteur de « Émile, les zones grises de l’enquête » (Fayard), paru il y a un mois.
Il y « relaye de purs fantasmes, faute d’avoir pu vérifier ce que certains lui disaient. Il ne s’agit pas d’un livre d’enquête, mais d’un livre qui, comme tous les médias, relaye partiellement – et en l’espèce partialement – la seule enquête en cours qui est judiciaire et secrète, et dont il ignore l’essentiel », écrit le couple, dénonçant plus largement le rôle de la presse depuis le début de l’affaire.
« Ces innombrables et scandaleuses violations du secret de l’instruction sont gravissimes et aujourd’hui de nature à faire échec à la seule chose qui compte : la manifestation de la vérité pour savoir comment notre petit garçon est mort et a disparu », déplore le couple. « Si, à cause de l’inconséquence ou de l’ego de certains, l’enquête était compromise, la faute pèserait sur eux », martèle-t-il, « tout n’est pas justifiable par la liberté de la presse et la liberté de parole des uns et des autres ».
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« C’est nous qui souffrons les premiers »
Remerciant le travail des enquêteurs et des magistrats, les parents demandent aux médias « de cesser de divulguer, relayer et commenter des éléments relevant du nécessaire secret de l’instruction ». « Nous demandons à chacun de se souvenir que c’est nous qui souffrons les premiers et qui attendons en premier la vérité », écrivent-ils.
L’enquête avait permis d’établir en mars 2025 qu’Émile avait été victime d’un « traumatisme facial violent », avec « la probable intervention d’un tiers », avait déclaré le procureur d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon. En 2025, les grands-parents d’Émile et deux de leurs enfants majeurs avaient été placés en garde à vue pour « homicide volontaire » et « recel de cadavre », avant d’être relâchés 48 heures plus tard car « les charges n’étaient pas suffisantes » pour d’éventuelles poursuites.