Il est soupçonné d’avoir « dirigé un groupe sectaire ». Le maire d’une commune des Côtes-d’Armor a été mis en examen, ce samedi, pour « abus de faiblesse », « menaces de mort », « chantage », « viols » et « agressions sexuelles », et placé en détention provisoire, a fait savoir le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, au Parisien, sans communiquer le nom de l’édile.

Âgé d’une vingtaine d’années, le mis en cause, qui réside dans les Côtes-d’Armor « où il a été récemment élu maire d’une petite commune », a été placé en détention provisoire ce jeudi 30 avril, selon Raphaël Balland. Selon nos confrères de Ouest-France, il pourrait s’agir du maire de Tréogan. Soupçonné d’avoir « dirigé un groupe sectaire », il est accusé de violences psychologiques mais également d’abus sexuels sur plusieurs jeunes femmes.

Une « dévotion totale »

C’est en 2022 que l’affaire débute. En octobre, une étudiante de 21 ans dépose plainte, dans le département de la Mayenne, contre un homme âgé de 24 ans à l’époque qui la « menace de mort » si elle quitte un groupe de discussions, spécialisée dans « la rencontre de personnes à haut potentiel intellectuel », qu’il a créé sur un réseau social.

La jeune femme décrit un groupe de discussions « structuré par une organisation hiérarchisée » et « soumise à des règles strictes d’appartenance, fondée sur une charte », explique le procureur de Toulon. Cette dernière distingue deux types de personnes, « les fonctionnelles » et « les dysfonctionnelles ». Les participants, « adeptes de spiritualité et de philosophie, se voyaient promettre la possibilité d’atteindre le « cinquième palier d’instruction ultime » à condition de suivre l’enseignement de cet homme, qui aurait exigé de certaines femmes une « dévotion totale », en le reconnaissant comme « l’absolu » et le « divin » », poursuit Raphaël Balland.

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Rapidement, les enquêteurs découvrent que le jeune homme de 24 ans réside dans le Var, vers Hyères et communiquent les éléments au parquet de Toulon. Ce dernier ouvre une enquête pour menaces de mort et abus de faiblesse par le dirigeant « d’un groupement poursuivant des activités créant, maintenant, ou exploitant la sujétion psychologique des participants », la définition juridique d’un groupe à caractère sectaire, précise Raphaël Balland. Les investigations sont confiées à la section de recherches de la gendarmerie nationale de Marseille.

Près de 300 000 euros de « contributions financières »

Après de longs mois d’enquête, une information judiciaire est ouverte en décembre 2025. Les enquêteurs parviennent à identifier cinq autres « jeunes femmes résidant sur plusieurs points du territoire national », qui sont « susceptibles d’avoir été victimes » du jeune homme entre 2017 et 2026. L’une d’elles était âgée de 17 ans à l’époque des faits, précise le magistrat. Néanmoins, deux d’entre elles n’ont pas souhaité déposer plainte, « estimant n’avoir été victime d’aucune infraction ».

Les investigations ont permis de déterminer que, « outre un contrôle très intrusif dans la vie personnelle et intime de ces jeunes femmes », le suspect aurait mis en place des contributions financières, « allant de quelques centaines d’euros pour certaines et jusqu’à près de 30 000 euros déboursés pour l’une d’elles ». L’un d’elle affirme avoir subi des violences psychologiques, mais également « des actes sexuels sous la contrainte », selon le procureur de la République.

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L’homme, qui habite désormais dans les Côtes-d’Armor, « où il a été récemment élu maire d’une petite commune », selon le magistrat, a été interpellé mardi 28 avril 2026 par les militaires de la section de recherches de Marseille. Placé en garde à vue, il a contesté tout comportement « pénalement répréhensible ».

Des viols sur une jeune femme mineure à l’époque

À l’issue de sa garde à vue, le jeune homme a été présenté à un magistrat instructeur du tribunal judiciaire de Toulon samedi soir.

Il a été mis en examen des chefs d’abus de faiblesse par le dirigeant « d’un groupement poursuivant des activités créant, maintenant, ou exploitant la sujétion psychologique des participants » à l’encontre de six jeunes femmes entre 2017 et 2026, « menaces de mort » à l’encontre d’une d’elles, « chantage » à l’encontre de deux d’entre elles, ainsi que de « viols » et « agressions sexuelles » au préjudice de l’une des plaignantes entre 2022 et 2025, alors qu’elle avait entre 17 et 20 ans, détaille Raphaël Balland, qui précise qu’il a été placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention.