Des tableaux de Renoir, de Degas ou de Boudin… Toutes ces œuvres ont pris place à l’intérieur du musée d’Orsay (VIIe arrondissement de Paris) dans une salle intitulée « À qui appartiennent ces œuvres ? ».

Accompagnées d’autres peintures d’artistes plus méconnus, ces tableaux composent le nouvel espace d’exposition du musée, consacré aux œuvres retrouvées en Allemagne à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, dont une partie a été spoliée, afin de transmettre la mémoire de cette période.

« Derrière cette question simple se dresse une interrogation parfois douloureuse, qui convoque à la fois la mémoire, l’enquête et l’espoir de justice », a expliqué lundi, en présentant la salle, Annick Lemoine, la présidente du musée spécialisé dans le XIXe siècle.

Orsay conserve encore 225 des quelque 2 200 œuvres confiées aux musées français dans le cadre du programme MNR (« Musées Nationaux Récupération »). Ce sont celles qui n’ont pas été récupérées par leurs propriétaires parmi les quelque 100 000 biens culturels déclarés spoliés à des juifs ou achetés en France sous l’Occupation. 60 000 d’entre eux ont été retrouvés à l’issue du conflit et rendus, tandis que l’État a vendu une partie des autres au début des années 1950.

À voir aussi

« Le repérage des propriétaires est de plus en plus difficile »

« Plus de 80 ans après la fin de la guerre, le repérage des propriétaires est de plus en plus difficile », explique François Blanchetière, conservateur en chef pour la sculpture au musée.

Mais le processus de traçabilité des œuvres se poursuit, notamment par Internet et avec l’intelligence artificielle, une trentaine de dossiers étant en cours d’examen en France.