Des membres de l’Union marocaine du travail célèbrent la Journée internationale des travailleurs, lors d’un rassemblement à Casablanca, au Maroc, le 1er mai 2026. AKRAM OUBACHIR / AP

« Le Maroc compte de nombreuses entreprises, mais trop peu d’emplois. » Voilà résumé d’un trait l’économie du royaume du Maroc, selon la Banque mondiale, dont deux contributions, l’une sur le marché du travail, l’autre sur le secteur privé, ont été rendues publiques le 28 avril. Le diagnostic est préoccupant. Certes, « le Maroc a réalisé des progrès remarquables au cours des vingt dernières années », mais son modèle de croissance, peu productif, ne permet pas de créer suffisamment de postes et de résoudre les « faiblesses structurelles les plus importantes de l’économie », relève l’institution.

Premier constat : le taux d’activité est en chute libre depuis un quart de siècle. Il atteignait 43,5 % en 2024, contre 10 points de plus lors de l’intronisation de Mohammed VI, en 1999. Quand bien même le Maroc se développe, le marché du travail ne suit pas la cadence. Et le décalage se creuse. De 138 000, dans les années 2000, le déficit de création d’emplois est passé à 370 000 en moyenne, entre 2020 et 2024.

C’est à cause d’une « succession de chocs exogènes cumulés » (changement climatique, pandémie due au Covid-19 et guerre en Ukraine), souligne la Banque mondiale, tout en pointant l’effet d’éviction engendré par l’omniprésence de l’Etat, alors que les investissements privés sont trop réduits et que les capitaux étrangers restent à la traîne.

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