L’affaire avait fait grand bruit. Deux enquêtes administratives, - ouvertes par la mairie de Guyancourt et par la direction départementale jeunesse et sports (DDJS) -, et une enquête judiciaire sont en cours suite aux soupçons de viol sur mineur de moins de 15 ans visant un animateur du centre de loisirs Suzanne Valadon. Suspendu à titre conservatoire, cet agent, au casier judiciaire vierge, travaille depuis plus de trente ans pour la commune des Yvelines.

« On a reçu un certain nombre d’agents pour réaliser une analyse des structures, réexpliquer les procédures d’accueil, dont le travail en binôme. Ce n’est pas notre enquête administrative qui va dire s’il y a eu des faits graves mais l’idée est de voir s’il a des failles et s’il y a des pistes d’amélioration éventuelle », complète le maire (divers gauche) François Morton, qui recense 150 agents au sein du service périscolaire de la ville de 30 000 habitants. Les conclusions doivent être rendues dans les prochains jours avant une présentation ultérieure aux représentants de parents d’élèves.

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Cette procédure interne fait suite à une alerte donnée le 16 avril dernier quand les parents ont contacté le service de la petite enfance pour désinscrire leur fillette de 3 ans du temps périscolaire. Ces derniers étaient préoccupés par le changement de comportement de leur enfant quand, au moment du bain, la maman avait voulu retirer les vêtements de la petite qui s’y était opposée en disant qu’elle avait « mal sur sa partie intime » et qu’un « monsieur du centre l’avait touchée sur cette partie ».

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« Leur décision faisait suite à des propos qui les avaient légitimement inquiétés, raconte l’élu qui a enjoint ses services à inciter la famille à déposer plainte. Tout de suite, on a pris cette affaire avec beaucoup de sérieux et de sang-froid. »

Les parents ont suivi les conseils en se rendant le lendemain au commissariat de Saint-Quentin-en-Yvelines, à Élancourt. Des examens médicaux ont été réalisés dans la foulée sur la fillette à l’hôpital versaillais André-Mignot.

En revanche, la famille concernée ne s’attendait pas à se retrouver au centre d’un tel emballement médiatique. « Ils étaient désemparés », se souvient François Morton qui a également décidé de déposer plainte ce lundi. « Quand je lis des commentaires sur les réseaux sociaux disant que la mairie fait preuve de complicité dans une affaire dont on ne connaît pas précisément les faits, je ne peux pas laisser passer ça », considère le maire.