Manifestation organisée par le groupe Save our future and our kids’ future (SOF, « Sauvons notre futur et celui de nos enfants »), devant l’hôtel Cladhan pour s’opposer au logement des demandeurs d’asile, à Falkirk (Ecosse), le 6 décembre 2025. CAMERON SCOTT/ZUMA PRESS WIRE VIA REUTERS

Il est 18 heures, ce mercredi 22 avril. Cela fait près d’une heure qu’une demi-douzaine de policiers ont installé des barrières de sécurité devant l’hôtel Cladhan, une bâtisse à deux étages en piteux état, près du centre-ville de Falkirk (Ecosse). Une dizaine de personnes arrivent enfin et se positionnent face à l’hôtel. Les femmes, vêtues de doudounes sombres, ont apporté des chaises de camping. L’une d’elles déroule une banderole barrée d’un « Scottish patriots » (« les patriotes écossais »).

Le Cladhan héberge des hommes en attente d’une décision sur leur demande d’asile. Le ministère de l’intérieur britannique, qui a l’obligation de les héberger, a multiplié depuis 2020 les placements dans des hôtels partout dans le pays, surtout là où la pression immobilière est modérée. Située à trente kilomètres de Glasgow, Falkirk, l’ex-capitale de la révolution industrielle écossaise, a souffert de la fermeture des usines alentour – Grangemouth, la dernière raffinerie d’Ecosse, a cessé ses activités en 2025.

Depuis le massacre de Southport, en juillet 2024 (un jeune Britannique d’origine rwandaise avait tué trois fillettes à un cours de danse), les manifestations se sont multipliées contre ces hôtels partout au Royaume-Uni. Elles ont redoublé d’intensité à l’été 2025, les militants d’extrême droite se mêlant aux habitants pour réclamer leur fermeture, propageant, dans la rue et en ligne, des slogans antimigrants, voire racistes.

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