De la devanture rouge ne reste que l’iconique enseigne Wepler accrochée au-dessus d’un chantier colossal. Le trottoir devant la brasserie de la place de Clichy est condamné et les engins s’agitent au milieu d’ouvriers affairés à l’intérieur du bâtiment à la façade comme éventrée. De la salle mythique du restaurant ouvert en 1892 et qui possède un prix littéraire à son nom, il ne reste que quelques miroirs encore accrochés aux poteaux.

« Cela fait bizarre car c’est une figure de la place, une sorte de phare du quartier », glisse Raymonde, qui traverse « chaque jour depuis 40 ans » ce carrefour aux confins de quatre arrondissements. La mythique brasserie que fréquentait Guillaume Apollinaire ou Pablo Picasso s’est lancée depuis le début du mois dans de très importants travaux de restauration. Une restructuration totale qui doit durer tout l’été. La réouverture est en effet seulement prévue pour la rentrée de septembre.

Les travaux de la brasserie Wepler incluent la restauration totale de la salle de restaurant. LP/Bertrand Métayer

« Tout ne datait pas du XIXe siècle mais un restaurant s’use énormément, donc il y avait vraiment besoin de ces travaux », explique Christophe Joulie, le président du groupe éponyme qui possède le Wepler et une dizaine d’adresses à Paris comme le Bœuf couronné (188, avenue Jean Jaurès, XIXe) ou le Café du commerce (5, rue du Commerce, XVe).

« Il y avait un fort investissement à faire sur la cuisine et les parties techniques qui sont le moteur du restaurant. Cela va offrir du confort de travail aux équipes avec des nouvelles technologies. J’aurais aimé effectuer ces travaux dès que j’ai repris l’affaire en 2017 mais cela avait été reporté à cause du Covid. »

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Inquiétude pour les décors… qui seront refaits

Devant la façade entièrement ouverte, les habitués sont inquiets d’observer que l’ensemble de la décoration a disparu, laissant seulement apparaître des murs bruts et des câbles électriques. « J’ai reçu beaucoup de messages qui s’interrogeaient sur ce sujet, notamment sur la grande fresque et les mosaïques réalisées par Mathilde Jonquières, reprend Christophe Joulie. Il faut savoir que ces décors ne sont pas d’origine et ont été réalisés en 2011. Rien n’est classé aux monuments historiques dans le restaurant. Elles seront toutefois refaites dans l’esprit du début du siècle dernier. Nous avons pris le parti de conserver certains éléments qui étaient là et nous allons tout reprendre dans la tradition de la brasserie française d’époque. »