Dominique Boutonnat, à Versailles, le 18 juillet 2022. LUDOVIC MARIN/AFP
Le parquet de la cour d’appel de Versailles a requis, lundi 4 mai, trois ans de prison, dont un ferme, contre l’ancien président du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) Dominique Boutonnat. Il avait été condamné en première instance à la même peine pour avoir agressé sexuellement son filleul. L’avocate générale a notamment souligné la « posture de déni » de M. Boutonnat.
Durant l’audience comme en première instance en 2024, M. Boutonnat, qui était avant sa condamnation l’une des figures les plus influentes du cinéma français, a nié les faits, même s’il affirme désormais mieux comprendre la « souffrance réelle » de son filleul. Il avait démissionné du CNC, structure chargée, entre autres, de gérer la prévention des violences sexuelles dans l’industrie cinématographique, après sa condamnation.
Son filleul, 20 ans au moment des faits, l’accuse, lors de vacances en Grèce en août 2020 dans la maison de campagne de M. Boutonnat, d’avoir tenté de le masturber dans son lit après qu’ils se soient baignés nus dans une piscine. Le jeune homme affirme l’avoir ensuite masturbé dans sa chambre pour qu’il arrête de le toucher.
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L’ancien président du CNC a de nouveau reconnu l’avoir pris en photo nu à la sortie de la piscine mais alors qu’il visait le paysage ; et des baisers dans la chambre de ce dernier, mais consentis et initiés par son filleul, toujours selon ses propos. Enfin, le lendemain, les deux parties s’accordent sur le fait que M. Boutonnat est entré dans la salle de bains de son filleul pour l’embrasser, cette fois-ci selon le prévenu pour tenter de lever l’ambiguïté sur les faits de la nuit précédente.
« J’ai 50 ans, c’est le fils de mes meilleurs amis, c’est pas possible de se retrouver à moitié nus à s’embrasser », a-t-il déclaré durant l’audience. Il évoque en revanche une « mécanique de mensonge » du jeune homme sur les autres faits.
Un enregistrement d’appel téléphonique
Dans un enregistrement, réalisé quelques jours plus tard et qualifié de « cauchemar » pour lui par l’avocate de la partie civile Caroline Toby, M. Boutonnat reconnaît des actes mais « rien de sexuel », qui seraient de sa « faute », comme il l’exprime à plusieurs reprises.
Durant l’enquête, il assure qu’il n’avoue rien mais qu’il tente alors de déculpabiliser le jeune homme par « excès d’empathie », ne sachant pas que ce dernier l’enregistre. Mais durant l’appel, M. Boutonnat demande plusieurs fois que son interlocuteur ne parle à personne. Sa meilleure amie est déjà au courant et écoute l’appel. Plus tard, elle encourage à nouveau son ami en lui disant que son parrain n’est « pas un boyfriend » (« petit ami »).
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« Ça vous paraît normal d’avoir besoin de le préciser ? », a demandé Delphine Meillet, avocate de M. Boutonnat avec Céline Lasek, insistant sur l’ambiguïté de la relation. « Elle me rappelait ce que je savais déjà pour m’encourager », a répondu le jeune homme. « Ce qui s’est passé cette nuit-là était extrêmement volatil » mais consenti, a défendu Mᵉ Lasek. La décision a été mise en délibéré au 22 juin.
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