LETTRE DE VANCOUVER

Un corbeau dans le parc Stanley à Vancouver (Canada). SYLVAIN CORDIER/BIOSPHOTO

Sur le papier, la quête semblait délicate : dénicher, à Vancouver, en Colombie-Britannique, quelqu’un ayant déjà subi l’assaut d’un corbeau. Sur le terrain, elle se résout en quelques minutes. Ici, les sautes d’humeur des corvidés tiennent presque du lieu commun.

Prenez Vishu (qui n’a pas donné son nom, comme d’autres interlocuteurs cités), 27 ans, employée à l’accueil d’une auberge du centre-ville, est encore marquée par un épisode du printemps 2025, au retour d’une promenade avec des amies : « Un corbeau a plongé en piqué sur moi en croassant : j’étais terrorisée. Maintenant, je fais des détours quand j’en vois… »

Quelques centaines de mètres en contrebas, Martin savoure une petite brise pacifique sur son banc du Stanley Park, forêt urbaine bordée par le détroit de Géorgie. Le septuagénaire, lunettes style aviateur sur le nez, semble arborer un sourire permanent… qu’il abandonne seulement quand on lui parle de corbeaux. « Une fois, l’un d’entre eux m’attendait sur l’arbre en face de chez moi et a fondu sur moi… Le lendemain, pareil ! »

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Loren, étudiante en sociologie de 23 ans, a même senti les ailes du volatile battre dans ses cheveux, climax d’une furtive attaque latérale : « Je les aimais bien avant. Maintenant, ils me font paniquer. » Aucun point de suture à déclarer chez tous ceux-là, mais une peur bleue ou noire, selon l’angle des rayons du soleil sur les plumes.

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