Le bras de fer a été irrespirable, et les deux équipes au coude-à-coude, ou plutôt tête contre tête, presque tout le match, dans cette demi-finale de conférence ouest d’une intensité rare, entre San Antonio et Minnesota la nuit dernière. La NBA a compté 19 changements de leader au tableau d’affichage, mais ce qui compte, c’est d’être devant à la fin, et à ce jeu-là, ce sont les Wolves de Minnesota qui ont montré davantage de savoir-faire (102-104).

Pour les Spurs de Victor Wembanyama, se retrouver à ce niveau de la compétition, quand l’air se fait plus rare et les duels plus durs, est une première, et cela s’est vu, dans ce quatrième quart-temps où tout se joue souvent en NBA. San Antonio a fini par perdre l’épreuve de force face à une formation de Minneapolis qui a l’habitude des playoffs, et des séries gagnées.

Les Spurs avaient pourtant tout fait pour aborder les derniers instants de la rencontre dans les bonnes conditions. Victor Wembanyama a commencé par claquer trois contres en à peine deux minutes, dont un sur son compatriote Rudy Gobert, dans un duel qui a fait saliver tous les médias américains, ces derniers jours.

La force pour Minnesota, la vitesse pour les Spurs

Dès le début, le ton était donné : à Minnesota la force, à San Antonio la vitesse. Les Wolves sont une formation de costauds et le travail de sape dans la raquette a été mené méthodiquement, quitte à s’exposer aux qualités incroyables de contreur de Wembanyama. Le Français en a réalisé 12, en demi-finale de conférence !

C’est tout simplement la première fois de l’histoire qu’un basketteur en accumule autant, dans un match de playoffs. La barre des 10 n’avait plus été atteinte depuis 2012, et seulement 7 joueurs y étaient parvenus jusque-là.

Wembanyama a aussi pris 15 rebonds et marqué 11 points, réalisant ainsi un triple double, le premier de sa carrière en playoffs. Sa performance a été remarquable en défense, dans la foulée de son titre de meilleur défenseur de la saison régulière, à l’unanimité des votes.

Mais elle a été plus inégale, et même assez mauvaise, en attaque : le Français a affiché un pauvre 29 % de réussite, mais il s’est surtout entêté à 3 points dans une soirée sans (0 sur 8). Il a aussi accusé quatre échecs en cinq tentatives dans le dernier quart-temps.

« C’est ma faute, je n’ai pas su utiliser mon énergie de la bonne manière offensivement, a assumé Wembanyama après la rencontre. Mon match n’a pas été bon de ma part, dans ce que mon équipe attend de moi. Si j’avais été meilleur offensivement, tout aurait été différent. »

« Je n’ai aucun doute que sa feuille de statistiques sera meilleure à l’avenir », a dédramatisé l’entraîneur des Spurs Mitch Johnson.

San Antonio échoue sur la dernière possession

On ne pensait pas que c’était possible mais la deuxième mi-temps est encore montée en intensité. Wemby a été envoyé au sol par Naz Reid qui venait de subir un contre. Il a aussi claqué un dunk sur la tête de Gobert. Mais Minnesota a parfaitement su placer les débats sur le terrain de la puissance, qui lui est plus favorable. « On savait que ce serait physique », a analysé Wembanyama.

Les Wolves ont pu compter sur leur invité surprise, Anthony Edwards, leur star blessée mais revenue juste à temps pour cette rencontre : 18 points comme remplaçant, en 25 minutes de jeu, dont… 11 dans le dernier quart-temps (à 5/7) !

Toute son équipe a été au diapason, avec six joueurs à plus de 12 points. À ses côtés, l’autre Français de la soirée, Rudy Gobert, a appliqué ce qu’il sait faire de mieux : détruire les attaques adverses. Il n’a marqué que 7 points (3 sur 7) mais il a pris 10 rebonds et réalisé 4 interceptions.

Les Spurs ont paru largués au score dans les dernières minutes, mais sont revenus à la force du poignet. Ils ont eu une dernière possession, avec deux points de retard et sept secondes à jouer.

Bizarrement, ils n’ont pas pris de temps morts, ont remonté la balle à toute vitesse, et la tentative de Champagnie à 3 points s’est écrasée contre le cercle. « Ils (les Wolves) n’étaient pas organisés en défense et j’ai pensé qu’on avait assez de temps pour remonter la balle, a justifié l’entraîneur Mitch Johnson. On n’a pas remonté la balle tout de suite mais Julian (Champagnie) a eu une bonne position de tir. »

À quelques millimètres près, c’est San Antonio qui gagnait. Mais ces quelques millimètres ont fait toute la différence. Les Spurs recevront à nouveau les Wolves mercredi, dans le Texas, pour une deuxième manche.