Le premier ministre roumain, Ilie Bolojan, s’adresse au Parlement, à Bucarest, le 5 mai 2026. DANIEL MIHAILESCU/AFP

Portée par les sociaux-démocrates et soutenue par l’extrême droite, une motion de censure contre le gouvernement du premier ministre roumain, Ilie Bolojan, a été adoptée par le Parlement, mardi 5 mai. La motion de censure a recueilli 281 voix sur les 233 nécessaires pour être adoptée dans un Parlement qui compte 464 sièges. Un vote qui risque de plonger le pays dans une nouvelle crise politique.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Roumanie, la motion de censure signée par les sociaux-démocrates avec l’extrême droite : « une ligne rouge » franchie par les sociaux-démocrates Lire plus tard

Cette alliance entre les sociaux-démocrates et le mouvement Alliance pour l’unité des Roumains (AUR) pour faire tomber le libéral Bolojan a été vivement critiquée par les forces démocratiques du pays, qui accusent le PSD de contribuer à légitimer une extrême droite en plein essor.

Membre de la coalition au gouvernement, le PSD en a claqué la porte, le 23 avril, pour protester contre les mesures d’austérité introduites par M. Bolojan afin de réduire le déficit budgétaire du pays, le plus important de l’Union européenne. La nomination de M. Bolojan, soutenue par quatre partis pro-européens, dont le PSD, avait eu lieu en juin 2025 après des semaines de négociations.

Elle mettait fin à une période politique mouvementée qui avait démarré avec l’annulation de la présidentielle de novembre 2024, dominée par un candidat d’extrême droite inconnu, Calin Georgescu, en raison de soupçons d’ingérence russe dans la campagne électorale du pays, lequel se situe aux avant-postes de l’OTAN depuis le début de la guerre en Ukraine, Etat voisin.

Le président, Nicusor Dan, pro-européen, a affirmé lundi que le pays de 19 millions d’habitants, entré dans l’Union européenne en 2009, poursuivrait son orientation pro-occidentale quelle que soit l’issue du vote. « Les discussions politiques seront difficiles, mais c’est ma responsabilité en tant que président – et celle des partis politiques – de maintenir la Roumanie sur la bonne voie », a-t-il déclaré à la presse.

Le SPD critiqué par les partis de centre droit

Après le vote de cette motion de censure, les tractations pourraient retrouver une majorité parlementaire. Les partis de centre droit ont vivement critiqué la décision du SPD de s’associer avec le mouvement d’extrême droite Alliance pour l’unité des Roumains (AUR), l’accusant de s’éloigner de la voie pro-européenne.

Quelque 30 ONG ont demandé au Parti des socialistes européens (PSE) de l’exclure de ses rangs s’il maintenait cette alliance, tandis qu’un sénateur PSD a quitté la formation en signe de protestation. Le PSD assure de son côté qu’il n’existe « aucun accord politique post-motion » avec l’extrême droite, seulement « un objectif commun » visant à renverser le gouvernement Bolojan.

Le Monde Application La Matinale du Monde Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer Télécharger l'application

« Le Monde » avec Perplexity Une question sur cet article ? Obtenez des réponses instantanées avec l’IA Perplexity Interrogez-nous

« Le Monde » avec Perplexity Une question sur cet article ? Obtenez des réponses instantanées avec l’IA Perplexity Interrogez-nous

Depuis sa décision de sortir du gouvernement, les taux d’intérêt auxquels la Roumanie emprunte ont augmenté et la monnaie nationale s’est dépréciée face à l’euro, qui a atteint lundi un record historique de 5,19 lei roumains. La Roumanie, dont le déficit a atteint 7,9 % du produit intérieur brut au quatrième trimestre 2025, fait l’objet d’une procédure européenne de déficit excessif depuis 2020 et court le risque de perdre des fonds européens.