Des victimes françaises et un suspect français. Un mois et demi après l’interpellation de Cédric Prizzon au Portugal, la mère d’Audrey Cavalié, son ex-conjointe qu’il est soupçonné d’avoir tuée, demande qu’il soit jugé en France, a-t-elle fait savoir à l’AFP par la voix de son avocat, Fabien Arakélian.
Interpellé le 25 mars dernier, Cédric Prizzon, un ancien policier de 42 ans, est actuellement en détention provisoire au Portugal où il est accusé d’avoir tué fin mars Audrey Cavalié, son ex-compagne, âgée de 40 ans, et mère de leur fils de 12 ans, ainsi que sa conjointe au moment des faits, Angela Legobien, 26 ans, mère de leur fille de 18 mois.
« Rien n’interdit aujourd’hui que ce dossier soit géré par la justice française »
Selon le rapport d’autopsie, les deux Françaises, qui ont été retrouvées enterrés dans un lieu isolé du district de Bragança, dans le nord-est du Portugal, sont mortes par asphyxie. Cédric Prizzon a été interpellé lors d’un contrôle routier, dans la région portugaise de Guarda, en compagnie de ses enfants qui, depuis, ont été rapatriés en France.
« On a certes des faits qui ont été commis au Portugal mais avec des victimes qui ont la nationalité française et l’auteur des faits qui a la nationalité française », a souligné Me Arakélian, estimant qu’« en droit rien n’interdit aujourd’hui que ce dossier soit géré par la justice française ». Pour l’avocat, il en va du « bon sens juridique ».
À voir aussi
Le corps d’Audrey Cavalié a été rapatrié « jeudi dernier ». « Aujourd’hui je n’ai pas plus d’infos que ça sur ce qui se passe au Portugal, hormis le placement en détention provisoire » de Cédric Prizzon, a encore expliqué l’avocat, qui souhaite désormais que « les choses avancent » et demande son transfert vers la France par le biais d’un mandat d’arrêt européen.
« Un cas emblématique des défaillances institutionnelles »
Contacté par l’AFP sur la question de ce mandat, le parquet du tribunal de Montpellier, juridiction où une information judiciaire a été ouverte côté français sur cette affaire, n’a pas donné suite.
Dans un communiqué conjoint avec Me Arakélian, l’Union nationale des familles de féminicides (UNFF) estime que le dossier Prizzon constitue « un cas emblématique des défaillances institutionnelles face aux violences masculines, et plus particulièrement aux dynamiques issues de la mouvance masculiniste ».
[2/2] Juge François Renaud : le « shérif » de Lyon assassiné Écouter