« Les polémiques ne font pas une politique publique » pour le chef du gouvernement. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a regretté ce mardi 5 mai sur le réseau social X que le rapport du député UDR Charles Alloncle sur l’audiovisuel public « passe malheureusement à côté de l’essentiel » et constitue « une occasion manquée », défendant néanmoins le besoin de réformes.

Dans ce rapport, publié mardi, Charles Alloncle formule 69 recommandations, qui soumettraient en particulier France Télévisions à une cure d’austérité. Il est le fruit de six mois de travaux d’une commission d’enquête parlementaire sous haute tension.

Un travail engagé depuis l’automne sur le volet financier

Sébastien Lecornu a affirmé ce mardi qu’un travail était déjà engagé depuis l’automne « sur la gestion financière » et que l’exigence de neutralité de l’audiovisuel public reste « totale ». « Mais disons-le clairement : ce rapport passe malheureusement à côté de l’essentiel. C’est une occasion manquée. Car la seule vraie question est celle de la vision pour l’avenir », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a affirmé qu’il est nécessaire de réfléchir à la place de l’audiovisuel public « face aux plates-formes mondiales, à la fragmentation des usages, à la désinformation, à la concentration des médias ». Selon lui, « des réformes seront nécessaires » mais elles doivent « répondre à une vision ».

« Ni démantèlement, ni immobilisme », a encore insisté le chef de l’exécutif. « Réduire ce débat à une opposition caricaturale entre refus de toute réforme et une privatisation générale, comme le demandent certains, n’a aucun sens », a-t-il dit, notant que le rapport « ne propose pas de privatisation générale ».

Delphine Ernotte dénonce un texte « à charge »

Le rapport est très critiqué par la gauche et les députés du bloc central de la commission d’enquête, qui accusent Charles Alloncle de vouloir affaiblir France Télévisions et Radio France. De son côté, Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions, a dénoncé un rapport « à charge » de Charles Alloncle, « construit sur des insinuations, des approximations et des contre-vérités ».